mercredi 27 octobre 2010

La Caroline du Sud

Nous voilà enfin arrivés à Little Pee Dee dans le comté de Dillon en Caroline du Sud, après 5 heures de route et 2 heures de navigation.  Il est 19 h 30 et depuis notre départ de Montréal c'est le trajet qui nous a le plus pesé.  Beaucoup de petites routes de campagne, quelquefois pittoresques et sympathiques, quelquefois très Deep South; peut-être que l'expression la plus appropriée serait Deep Poor.  Alors les minutes s'accumulent beaucoup plus vite que les kilomètres.

Notre erreur aura été de quitter Ocracoke sur le coup de midi plutôt qu'au petit matin.  Il devenait alors quasi impossible de se payer des arrêts dans les coins qui accrochaient notre intérêt, si nous voulions arriver au camping avant la noirceur.

Ma première belle surprise c'est le camping du Little Pee Dee State Park.   LState Park couvre 835 acres et offre 50 sites dont 32 avec 2 services.  Je me suis rabattu sur ce camping faute de pouvoir avoir toutes mes nuitées au Huntington Beach State Park situé près de Murrel Inlet.  J’appréhendais ce camping. Je l’imaginais comme un bayou à cause du lac couvert de végétation que j'avais vu sur Google Earth.  Mais à ma grande surprise c’est un joli petit camping dans une superbe forêt de pins. Hyper tranquille, près des deux tiers des sites étant libres, il fait aussi chaud qu’ailleurs mais l’ombre des arbres est des plus bienfaisante.  Routes et sites en sable blond tapé, soleil tamisé et grande tranquillité.  C'est notre première vraie pause farniente depuis que nous avons quitté Montréal. Nous coucherons trois nuits ici.  Trois nuits agrémentées du chant des grillons équipés d'ampli de band de Rock & Roll.

Le parc tire son nom de la rivière Little Pee Dee.  Vous aurez compris que s’il y a une petite rivière c’est qu’il y en a aussi une grande.  Ces rivières délimitent la région de Pee Dee.  Ce nom vient de la tribu amérindienne vivant en ces contrées à l’arrivée des Européens.

Le comté de Dillon, dans lequel se trouve le State Park est situé tout près de la frontière, entre les deux Carolines.  Pour ceux ayant fait le trajet vers Myrtle Beach ou la Floride par la I 95, c'est près du fameux et kitch South of the Border

Selon une brochure de l’Alliance touristique de l’héritage régional de Pee Dee (ouf !) les habitants de la région se décrivent comme étant :
  • d’hospitalité et de thé,
  • de berçante et de conversation,
  • de Roadside stand et d’arachides bouillies,
  • de Dizzy Gillespie et de topiaires,
  • de rivières à randonnée et de magnolias,
  • de voiturettes de golf et NASCAR.
La région possède aussi un musée du tabac, un bronze de Dizzy Gillespie, avec sa légendaire trompette incurvée, qui s’élève dans sa ville natale de Cheraw, dans le comté de Chesterfield et elle met en vedette le Marsh Tacky, qui est un cheval domestique développé pour s’adapter aux nombreuses zones marécageuses du Sud.
La région élève aussi du raisin Muscadine dont elle fait un vin doux et elle semble aussi très fière de ses Cypress-Tupelo swamp.



 Nous nous sommes un peu balladé dans ce coin perdu de la Caroline du Sud où il n’y a pas grand chose à voir. Cependant les ballades en nowhere sur les petites routes de campagnes nous ont fait découvrir des petits coins sympathiques et photogéniques tel Lakeview qui nous offrait de belles prises de vues sur un des fameux Cypress-Tupelo swamp.  


HUNTINGTON STATE PARK
La distance entre notre point de départ et notre destination  n’étant pas très grande nous arrivons relativement tôt au Huntington State Park.  
Je comprend au premier coup d'oeil en quoi ce parc est si populaire.  Dès la guérite d’admission franchie nous sommes accueillis par des aigrettes, pélicans et alligators qui parsèment le marais (les États-Uniens nomment cela des marsh) que nous devons franchir pour nous rendre au bureau d’accueil pour régler les formalités d’usages.
Ce parc est à l’opposé, à plus d’un point de vu, de celui dont nous arrivons.  Premièrement il rejoint notre imaginaire de nordique en étant situé en bord de mer (chaude évidemment) enlacée d’une très longue plage de sable fin. Il est aussi beaucoup plus grand (2 500 acres) et finalement il offre 137 sites ,dont la très grande majorité avec services.  Les sites de la périphérie bénéficient de l’ombre des arbres alors que ceux du centre sont généralement plus exposés au soleil.
Le parc tire son nom d'Archer Huntington, philantrope.  Lui et son épouse, Anna Hyatt, léguèrent à l’État, leur 9 000 acres de terre.  Le camping n’occupe donc qu’une infime partie du territoire.
Le parc contient aussi un marais salé et un lagon d’eau douce ainsi qu’Atalaya la pittoresque maison d’hiver de style «Moorish» (désolé mais je ne puis vous expliquer ce qu’est le style Moorish) du couple Hyatt-Huntington.
En plus du parc le legs comprenait aussi le Brookgreen Garden que nous visiterons durant notre bref séjour ici.
Dès les formalités complétées, nous nous rendons prendre possession du site que j’avais réservé à partir de Montréal.  Nous sommes au centre, pas très loin des grands arbres.  Malheureusement ils ne sont pas encore assez grands, ou assez près de notre site pour nous faire bénéficier de leurs ombres bienfaisantes, avant la toute fin de l’après-midi.  Ce simple détail conditionne, lorsque la canicule sévit, l’organisation de l’horaire des activités de la journée.  Nous aurons intérêts à prolonger la flânerie sur la plage le plus tard possible ,si nous voulons éviter d’avoir l’impression de préparer le souper dans un fourneau.
Pour l’instant nous nous organisons un dîner léger et vite fait, afin de nous rendre le plus tôt possible visiter le fameux Brookgreen Garden.
Première surprise à notre arrivée c’est l’immense et très longue allée conduisant de l’entrée à la guérite d’accueil.  Deuxième surprise c’est le prix raisonnable des billets et surtout leur offre d' accès au jardin pour 7 jours consécutifs.
Le Brookgreen Garden ouvrit ses portes en 1931.  Il était alors, semble-t-il, le premier jardin de sculptures ouvert au public.
Imaginez une quinzaine de fontaines, bassins, étangs qui servent de point central à autant de jardins, mettant en valeur la luxuriante végétation du Sud; chacun de ceux-ci étant décorés de sculptures d’artistes états-uniens.
Cet immense jardin possède une collection de 1 200 oeuvres qui couvrent la période de 1800 à aujourd’hui.  Une partie de ces oeuvres est exposée dans des pavillons, dont l’un d’entre eux fait la démonstration du processus de production d’un bronze.
Mais là ne s’arrête pas l’intérêt de visiter Brookgreen Garden.  Ce dernier offre aussi deux petits zoos mettant en vedette tant les animaux domestiques traditionnels ,que les animaux et oiseaux sauvages du Sud.  Il est également possible de visiter le pavillon des papillons et un site de vestiges archéologiques de l’époque de l’esclavage dans les plantations.
Le soleil est à son zénith et la chaleur est écrasante, mais nous plongeons dans notre visite comme deux enfants allant d’émerveillement en émerveillement à chaque tournant de ce superbe jardin.  Nous circulons à pas lent la chaleur nous forçant à déguster doucement chacun des aménagements que nous découvrons.
Harassés de chaleur après deux heures de visite nous décidons de profiter de la validité prolongée du billet en remettant à la matinée du lendemain la suite de notre visite.  Pour l’instant c’est la mer et sa plage qui brille au fond de nos yeux.
L’Escampette stationné, le toit levé, les services branchés, l'auvent déployé, nous enfilons nos maillots et «gougounes», attrapons nos chaises et nous précipitons vers la plage.  Ah le grand bonheur tout simple.
Après une bonne nuit de repos nous remettons le cap sur Brookgreen Garden pour compléter notre visite.  Nous y passerons notre matinée à nous laisser charmer par les beautés du lieu.  Brookgreen Garden est notre principal coup de coeur depuis le début de notre périple.  De tous les grands jardins qu’il nous a été donné de visiter ,ce dernier se classe dans le peloton de tête.  À inscrire sur votre itinéraire.
Notre visite conclue, nous faisons un saut à la poissonnerie du village de Murrells Inlet pour faire des provisions, avant de nous précipiter vers la plage pour une dernière fois, car demain nous tournons le dos à la côte pour nous diriger vers la Blue Ridge Parkway.

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