Le 13 mars dernier nous sortîmes l’Escampette de sa torpeur hivernale en direction de la Floride. À 7 h00 du matin nous larguions les amarres de notre quai montréalais pour voguer vers le sud question d’écourter quelque peu l’hiver dans sa partie la moins intéressante. Mauvais hiver d’ailleurs! Peu de froid, peu de neige. Morne cet hiver 2011-2012.
Première surprise, même au sommet des Adirondack il ne restait que des lambeaux de neige dans les replis peu ensoleillés. Quelques bonnes averses durant la traversée des montagnes et déjà le thermomètre de l’Escampette indiquait 16° C avant même que nous soyons complètement redescendu vers la plaine. À la hauteur de New-York nous enregistrions près de 20°C. Étonnement chez les Manouches!!
Nous poursuivâmes notre cap car nous avions planifié 1033 kilomètres de route pour notre première journée de navigation. J’avais anticipé que la première nuit exigerait la mise en route du chauffage de l’Escampette. Tel ne fut pas le cas. Même la veste de Polar n’était pas nécessaire pour circuler à l’extérieur malgré que nous n’avions atteint que 90% de notre objectif kilométrique du jour.
Notre deuxième journée de navigation était planifiée pour 811 kilomètres de routes. Encore là, un lever plutôt tardif, ne nous permit pas d’atteindre notre objectif qui était de «déshiverniser» l’Escampette au Santee State Park. Nous dûmes jeter l’ancre à Florence dans un Pilot Truck Center. Sympathiquement masculin ces Truck Center mais un peu bruyant.
Malgré ces retards nous rejoignîmes Anastesia State Park à Ste-Augustine la troisième journée comme nous l’avions planifié. Nous pûmes obtenir une place sans difficulté dès notre arrivée peu après 11 heures. N’ayant fait aucune réservation nous devions, pour les autres jours, nous inscrire sur la liste d’attente tout les matins si nous voulions obtenir une journée de plus.
STE-AUGUSTINE
Dès l’installation terminée et considérant l’heure, nous partîmes à pieds visiter l’Alligator Farm situé tout près du parc. En fait il ne s’agit pas vraiment d’une ferme au sens où nous l’entendons mais plutôt d’un jardin zoologique consacré principalement aux alligators et aux crocodiles de toute les régions du monde. Comme toute attraction populaire états-uniennes il ne néglige pas de vous procurer quelques frissons par la spectaculaire curée qui se déroule dans la section dite des marais. Pour le reste ce jardin zoologique permet de nous familiariser avec les diverses espèces d’alligators et de crocodiles provenant d’un peu partout dans le monde. D’ailleurs qu’elle ne fut pas ma surprise de constater l’existence d’alligators blanc provenant du bayou louisianais. Quelques variétés de serpents, de singes et d’oiseaux complètent la ménagerie du jardin.
Constatant un nombre anormalement élevé de motos nous comprîmes assez rapidement que nous étions en pleine Bike Week. Les amateurs (dont je suis) peuvent se rincer les oreilles du doux ron ron des moteurs de Harley-Davidson jusqu’en s’en donner mal au coeur car à 50 sur le coin d’une rue avec quelques Strike Pipe parmi eux ça finit par vous...
Ste-Augustine est une charmante petite ville qui se visite très bien en vélo. Nous partions donc du camping en laissant l’Escampette à ses amarres ce qui nous permettait d’arpenter la ville facilement et d’économiser les trop longues randonnées à pied. Ce mode de locomotion nous a d’ailleurs permis d’aller essayer un petit resto excentrique à la section touristique. Répondant au nom évocateur de Present Moment Cafe. L’endroit sert une cuisine végétarienne et végétalienne. Ce que nous y mangeâmes étaient savoureux et très substantif. Nous n’hésitons pas à le recommander à quiconque aime explorer les gastronomie différentes.
Longtemps sous domination espagnole la ville possède un quartier d’assez bonne envergure qui a gardé les traces de cette époque. Malgré qu’il soit aujourd’hui peuplé de commerces, on peut encore y sentir l’atmosphère et le style architectural de l’ère espagnole.
CAPE CANAVERALE
Nous avions lu quelque part qu’il y avait des campings dans le Parc National de Cape Canaverale. L’information n’était pas fausse car il y a effectivement des campings en passant par l’entrée nord du Parc. Cependant ce sont des campings sauvages situés sur les îles du Coastal Waterway. Le ranger du Parc nous indiqua des campings situés à l’intersection de la I95 et de la ???. Nous optâmes pour le KOA qui était le moins cher.
Notre première journée fut consacré à visiter le Kennedey Space Center qui retrace l’histoire états-uniennes de la conquête de l’espace. C’est avec plaisir que j’ai constaté que l’habituel discours patriotique était cette fois teinté d’auto-dérision lorsqu’on racontait les difficiles début où les fusées se plantaient sur le pas de tir.
Pour quiconque s’intéresse un tant soit peu au sujet il y a là la collection complète des fusées sans oublier la colossal Saturne V ainsi qu’un exemplaire de la navette spatiale.
L’autre attraction qui nous laissa pantois fut le film IMAX 3D portant sur l’aventure du téléscope Hoobles. Le film présente les péripéties de la construction, la mise en orbite et l’entretien de celui-ci par différente équipes d’astronautes. Ce qui est déjà impressionnant. Mais le plus époustouflant ce sont les images recueillies par le téléscope. Voir les «Colonnes de la création» en IMAX 3D ça vous scie les jambes. Voir des milliers de galaxies, situées aux confins de l’univers observé, chacune contenant des millions d’étoiles ça vous donne un fichu vertige.
Pour nous ramener les deux pieds sur terre nous passâmes la journée du lendemain à visiter et faire de la photo dans le Merrit Island Wildlife Refuge. Situé sur l’île de Cape Canaverale, le refuge faunique fut constitué à même la zone tampon que la NASA avait prévue entre la base de lancement et le continent. C’est là que nous verrons notre premier alligator en liberté. Les sentiers de randonnées sont remplis d’oiseaux ;puis nous terminons la journée en nous rendant observer les lamantins au canal Haulover. Nous pûmes en voir plusieurs tout près de nous, mais l’eau glauque nuisait à la visibilité.
FORT-LAUDERDALE
Deux petites journées chez un ami snowbird passant ses hivers dans une banlieue de Fort-Lauderdale. Vélo en matinée dans des pistes cyclables au travers parc et petites rues sympathiques de la banlieue et en après-midi vélo dans la partie de Fort-Lauderdale que le copain et sa femme trouvaient la plus intéressante. Pendant qu’ils se baignaient, nous parcourûmes le boulevard Las Olas, et le boulevard Atlantic jusqu’au quartier du vieux Fort-Lauderdale. Fort-Lauderdale se targue d’être la Venise d’Amérique. C’est là une prétention bien présomptueuse et quiconque a parcouru la véritable Venise en sera convaincu bien rapidement. Les canaux ici ressemblent beaucoup plus, vus des airs, à des peignes auxquels ils manqueraient des dents qu’à une création naturelle des courants marins. La partie située entre les vieux quartiers de la ville et l’océan est rayée par ses canaux et peuplée de luxueuses résidences dont certaines pourraient être converties en hôtel tant elles sont immenses. Mais ce qui frappe le plus l’imagination ce sont les yatchs amarrés devant ces dernières. Certains d’entre eux doivent valoir entre 10 et 15 $ millions. N’oublions pas que la grosseur de ces navires requiert un équipage, un capitaine, des assurances et j’en oublie sûrement. À eux seuls la valeur de ces navires pourrait permettre la revitalisation de plusieurs quartiers pauvres du coin. Cette opulence stratosphérique nous fit apprécier encore plus la vieille partie de la ville. L’après-midi de visite dû être écourté, par un arrêt réparation vélo car une partie la bande de roulement de mon pneu arrière prenait dangereusement la forme d’un «S».
La recherche d’une station de vidange pour l’Escampette, la veille du départ, me permit de découvrir le Markam County Park. Petit parc de comté qui offre la vidange moyennant 8$ et où il est possible de camper pour 40$ pour les non résidents du comté.
MIAMI
Maintenant je sais qu’il est tout à fait possible de remplir d’autos une autoroute à 12 voies (6 nord, 6 sud) et cela pendant des kilomètres. C’est assez hallucinant comme spectacle.
Nous visitons d’abord Miami Beach, surtout le quartier Art Déco qui longe l’Ocean Drive. Très beaux bâtiments, mais l’Ocean Drive est le rendez-vous de la jeunesse dorée en Spring Break et les beaux bâtiments abritent bars, clubs et restaurants. Cette section est donc fort animée. La belle surprise du jour? Une Drag Queen au corps souple et filiforme qui nous exécute une danse fauve sur le trottoir devant le bar Palace. Nous flânons longuement de façon à pouvoir prendre des photos de ces très beaux bâtiments lors de l’heure bleue.
Nous nous dénichons un Walmart pour la nuit et le lendemain nous nous dirigeons pour une visite de Key Biscayne et de son parc. La traversée du Rickenbaker causeway est très longue, la circulation lourde. Nous comprendrons quelques kilomètres plus loin, le pourquoi. Nous sommes tombé en plein dans le Sony-Ericsson Open. Tout les amateurs de tennis sont donc sur l’île de Key Biscayne. Cela ne nous empêcha pas d’apprécier, sur le pont menant à Key Biscayne, la très belle vue sur le centre-ville de Miami. Au retour nous tenterons de faire des photos alors que nous serons mieux orientés. Nous stationnons au State Park et partons en vélo. Nous enfilons les kilomètres jusqu’au village puis nous revenons terminer l’après-midi à la plage du parc. Pour la nuit, ne voulant pas remonter jusqu’au Walmart de Pompano Beach nous nous rabattons sur un camping privé très très ordinaire le long de la Tamiami Trail.
Nous terminâmes notre visite de Miami par Coral Gable qui est un très beau quartier résidentiel dont la majorité des maisons, de type pavillon, sont d’inspiration espagnole. La visite se déroule principalement à bord de l’Escampette car ce quartier de Miami, qui était à l’origine une municipalité indépendante de cette dernière, est assez vaste. Après Miami Beach, le Sony-Ericsson Open et les autoroutes c’est le grand calme des charmantes petites rues ombragées de ce quartier.
Fin d’après-midi nous nous dirigeâmes vers le camping qui nous avions repéré à Homestead . Zut il était plein. Le préposé à la guérite nous indiqua comment nous rendre au camping municipal de Florida City très près de là où nous étions. Camping modeste mais correct surtout pour une nuit.
LES KEYS
Départ matinal car nous devions être au John Pennekamp Coral Reef State Park pour 8 h 15 afin de nous procurer nos billets pour la croisière sur le récif corallien à bord d’un bateau à fond de verre. Croisière de 2 h 30 des plus agréable. L’exploration du récif est suffisamment longue et bien menée pour que l’on puisse bien apprécier la vie sous-marine dans ses structures. Après le lunch nous enfilâmes les kilomètres en direction de Key West, qui est, selon moi, le seul patelin vraiment intéressant à visiter dans les Keys.
Le camping où nous passâmes trois nuits est situé sur l’île qui précède celle de Key West. C’est donc à vélo que nous visitâmes les différents coins d’intérêts. Ici comme précédemment nous visitons la matin et en début d’après-midi et nous terminons à la plage avant de rentrer souper.
L’une des choses qui me plait beaucoup à Key West c’est les dimensions humaines de la ville et par dessus tout le fait que les poules et les coqs se promènent en liberté tant sur le bord de la plage que dans les rues de la ville. Enfin en endroit où l’humain et son auto n’occupe pas tout l’espace.
Je ne pouvais retourner à Key West sans aller prendre une bière au Sloppy Joe’s Bar à la santé de mon frère et à la mémoire de notre escapade ici en 1975. J’ai encore aimé cet endroit où Hemingway allait picoler, car il a su garder le cachet des années de sa naissance. Mur rempli de vieilles photos, chanteur country-folk sur la scène qui fait quelques succès du temps et oh surprise le droit de fumer en sirotant sa bière. Luxe suprême!
Key West
28 mars 2012

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