ANCHORAGE - CHICKEN
Nos différentes visites terminées nous reprenons la route vers le camping d’Eagle River qui est à environ 30 minutes de route du centre ville. Situé dans le Chugach State Park il est particulièrement bien aménagé. Nous mettons la main sur un site double qui offre plus d’ensoleillement que beaucoup d’autres sites. À l’évidence ce camping est prisé car nous voyons passer beaucoup de véhicules à la recherche d’une place pour la nuit. Déjà à notre arrivée les sites disponibles étaient peu nombreux alors en peu de temps notre voyons les véhicules repartir.
Les prévisions météo étant bonnes nous décidons d’y faire une pause de deux nuits pour récupérer un peu et diversifier les activités. En effet, Normand et la Manouche, après avoir mis la main sur un dépliant annonçant de la location de kayak, ont une subite démangeaison de pagaies. Voilà qui décide du programme de la journée de pause.
Aussitôt le petit déjeuner avalé ils quittent à bord de l’Escampette en direction du lac Etkluna situé à environ 40 minutes du camping. Pour Carole et moi ce sera une vraie journée de repos, l’une dans la lecture, l’autre dans l’écriture de ce blogue.
Normalement nos deux kayakistes auraient du être de retour vers les 14 hrs. À 15 hrs ils ne sont pas encore arrivés. Nous téléphonons au Centre de location pour vérifier s’ils ont quitté. Le numéro de téléphone nous conduit aux bureau de la compagnie, qui ne sont pas situé au lac Etkluna, et le répondant m’informe qu’il n’y a pas de téléphone au lac et qu’il n’est donc pas possible de les rejoindre.
Nous prendrons donc notre mal en patience.
C’est alors que Carole me confie que Normand n’a aucun sens de l’orientation. Là ça va mal... car la Manouche est aussi bonne que Normand… Alors nous nous disons qu’ils doivent être à tourner en rond à chercher leur chemin. Cela calme la petite inquiétude que nous commencions à avoir. Nous saurons, une heure et demie plus tard, que nous avions raison.
Nos deux kayakistes sont enchantés de leur journée. C’était un superbe lac aux eaux de moraines (eau de la couleur de celle du lac Louise à Banff) est entouré de hautes montagnes enneigées. Et il suffit de quelques instants pour que la mini mésaventure se dissipe dans la moquerie et la rigolade autour d’un souper commun, que nous pouvons prendre à l’extérieur en cette belle fin de journée ensoleillée.
Le lendemain matin nous quittons en direction de Palmer d’où nous voulons prendre la Hatcher Pass vers Willow. La petite route est jolie et suit durant un bon moment la rivière Susitna qui cavale à plein bouillon vers la vallée. Les journées se suivent mais ne se ressemblent pas. Aujourd’hui c’est pluvieux et très frais. Les jambes de pantalons ont allongées et les jupes ont disparu. Les polars et les impers ont remplacét les manches courtes et les blouses légères.
Nous atteignons le site des anciennes installations minières que nous prenons le temps de visiter malgré le mauvais temps. Certains bâtiments sont entretenus et bien conservés. Entre autre l’ancienne résidence du gérant général de la mine qui, outre des panneaux d’informations, contient plein de photos de lui et de sa famille ainsi que des photos d’époque des mineurs et de leur dur labeur.
Après dîner, constatant que la route finit à la mine nous cherchons sur la carte routière où se trouve la route du col Hatcher. Nous constatons, avec désagrément, que notre route est celle qui est barrée un kilomètre avant le site de la mine. Il nous faut donc rebrousser chemin et redescendre vers la vallée pour rejoindre la première route en direction de Wassila puis Talkeetna. Long trajet sous une pluie ennuyante. Alors pendant que les kilomètres de bitume déroulent sous l’Escampette j’en profite pour vous parler de certaines de mes observations.
Voilà un bon petit moment que je suis en Alaska et je commence à avoir une petite idée des lieux. Prenez cela avec un grain de sel car les bases de mes commentaires sont très empiriques et ne reposent que sur quelques semaines d’observation.
L’occupation du territoire me semble un mélange du modèle états-uniens et madeliniens. Je m’explique! Ce que j’appelle le modèle états-uniens c’est des «villes» qui n’ont comme coeur qu’un centre d’achat situé le long de la grand route et où le bâti résidentiel est dispersé en îlots, plus ou moins gros, à l’écart de la grand route. Ces îlots ne sont souvent accessible que par une seule route qui mène à une arborescence de rues résidentielles. Il m’est souvent difficile de savoir si je suis bien dans le village que je cherche.
La version alaskienne de ce modèle se constate à la présence d’un plus ou moins grand nombre de boîtes aux lettres rurales à l’entrée d’un petit chemin de terre.
Le volet «madeliniens», que tous ceux qui ont visités les Îles-de-la-Madeleine connaissent, c’est l’habitation dispersée au gré des fantaisies de l’occupant. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de constater, avec surprise, qu’il y avait des maisons éparpillées dans des zones qui me semblaient complètement sauvages et éloignées de toute agglomération. Il me semble y avoir encore beaucoup d’alaskiens, qui s’en être misanthrope, n’ont quand même pas l’esprit grégaire très développé.
Une autre chose qui m’a frappé c’est l’indescriptible ramassis de mauvais ferrailleur n’ayant pas réussi à fourguer toute sa camelote avant de faire faillite qui tapisse le pourtour de certaines maisons. Vous me direz que ce phénomène est souvent associé à la pauvreté ou la misère sociale et je vous donnerez raison pour la majorité des cas, mais quelque fois je ne suis pas certain que ce soit relié, car la maison me semble d ‘équerre et relativement bien entretenue.
Dernier truc m’ayant frappé, et là, c’est pour moi un retour au Québec des zones forestières des années ’50 début ’60. Les panneaux routier criblés de balles. C’est encore la mode ici de pratiquer le tir à la carabine le long des routes. Mode encore vivante car il y a même des panneaux dans certains coins interdisant de décharger son arme à moins d’1/4 de mille de la route. Le phénomène n’est pas limité à une partie ou l’autre de l’Alaska. Peu importe où nous nous trouvons il y a toujours de ces panneaux cabossés par les impacts de projectiles.
Faut dire qu’ici la chasse et la pêche c’est un mode de vie et non une activité de loisir. Les maisons de bois rond ne sont pas rares et souvent elles sont empanachées d’un trophée provenant d’un orignal ou d’un caribou.
N’oublions pas que nous sommes au pays de Sarah Pallin. Ici les mesures d’aide sociale prennent des allures inattendues. Comme vous le savez j’ai été à la pêche à quelques reprises. J’ai donc acheté le permis de pêche et j’ai du lire les règlements régissant la pratique. C’est en lisant ces règlements que j’ai découvert une mesure d’aide sociale. Il y est spécifié que les personnes ayant un low income n’ont à débourser que 5$ pour le permis de pêche alors que l’alaskien réguliers lui doit débourser 20$.
Une telle mesure fera sûrement sourire les citadins parmi vous mais en Alaska où vous n’êtes jamais loin d’une rivière à saumon, même lorsque vous habitez Anchorage, l’idée tient la route.
Voilà pendant que je vous causais, les kilomètres ont défilé sous l’Escampette, et nous arrivons à Talkeetna. C’est un petit village situé au bout de la route. Il nous faudra donc le refaire en sens inverse. Talkeetna est beaucoup plus touristique que je ne l’imaginais. Mais c’est très jolie et plusieurs boutiques, majoritairement construites de façon traditionnelle en bois rond, sont tenues par des artisans locaux. Nous arrivons sous la pluie et ce n’est que le lendemain que nous ferons la découverte du village. La Manouche et Carole se payent une traite de shopping et ce qui devait arriver arriva. Carole succomba! Elle ne pu résister à une paire de botte de pluie décorées de motifs autochtone traditionnels.
En toute honnêteté je la comprend d’avoir flanché et je suis certain que ses bottes feront des envieuses à Ste-Rose.
Encore une fois j’ai apprécié la petite taille des Safari-Condo. En effet à notre arrivée au camping il ne leur restait qu’une seule place de libre et ce n’est que parce que nous sommes petits qu’il était envisageable de l’occuper à deux.
Après avoir déambulé quelques heures dans ce jolie village nous reprenons la route en direction du Parc Denali. C’est là que se trouve le Mont McKinley qui est la plus haute montagne d’Amérique du Nord.
Nous l’apercevrons pour la première fois par le belvédère d’observation sud. La journée est radieuse et le mont est presque complètement dégagé. Comme photographe je vous dirais même que j’apprécie la présence des petits nuages car ils donnent du modelé au photos. À mon point de vue, le belvédère d’observation nord n’avait pas un point de vue aussi intéressant.
Avant de nous y rendre nous avions vérifié les prévisions météo car visiter le Parc sous la pluie est une perte de temps. Nous avons ainsi pu procéder à des réservations pour les deux jours où les prévisions étaient le plus prometteuses. Faut que vous sachiez, pour comprendre l’importance de la météo, que l’attraction principale du Parc est une randonnée (de durée variable selon le forfait) en autobus à l’intérieur du Parc. Comme nous voulions faire la randonnée de 8 heures et que la destination finale est à environ 1 230 mètres d’altitude vous comprendrez aisément que nuages et brume auraient transformé notre autobus en chambre aveugle.
Cette randonnée motorisée présente trois intérêts. Le paysage intérieur du Parc à différentes altitudes, la faunes sauvages qui y vie et le Mont McKinley que nous pouvons voir de plus près. Nous avons pu voir un ours brun, un orignal, quelques mouflons de Dall et plusieurs caribous. D’ailleurs il n’y avait que ces derniers qui étaient suffisamment près pour réussir des photos intéressantes. Malgré cela nous avons eu une très belle journée de soleil avec de fort intéressant paysage et une très belle vue sur le Mont-McKinley avec, en prime, une agréable randonnée pédestre après notre dîner.
D’ailleurs ceux et celles parmi vous qui songez à faire cette randonnée en autobus dans le Parc Denali un jour je vous recommande de prendre le premier départ à 6 heures le matin car le Mont-McKinley a tendance à s’ennuager au fur et à mesure que la journée progresse.
Le Parc Denali ce n’est pas que cette ride en autobus. Le Parc compte un grand nombre de sentiers de randonnée pédestre et il est possible de faire grimper votre vélo avec vous au Visitor Center où nous nous sommes arrêtés puis de redescendre vers votre camping avec votre vélo (de montagne évidemment). Par beau temps c’est sûrement une très agréable ballade à faire.
Nous quittons le Parc Denali le coeur content. Nous nous dirigeons maintenant vers Fairbanks dernière «grosse» ville sur notre itinéraire. Nous accosterons au Pionner Park qui semble l’attraction principale avec la randonnée en bateau à aubes. C’est «étrangement» calme pour un milieu d’après-midi. Nous en faisons le tour rapidement car ce n’est pas très grand. Ce n’est pas vilain mais rien de très impressionnant non plus. Bon comme c’est gratos y’a pas lieu de râler.
Après avoir soupé dans un parc public nous irons visiter le Ice Museum en début de soirée. Évidemment les chambres qui contiennent les pièces sculptées sont maintenues sous le point de congélation. Prévoir une bonne laine si vous désirez aller jouer avec les sculptures.
La visite du musée commence par un film qui présente les championnats de sculpture sur glace qui se tiennent chaque année à Fairbanks. J’ai été impressionné par la finesse et la délicatesse que les artistes peuvent donner à leur oeuvre. Certains ciselés sont tous simplement remarquable.
D’ailleurs Andy, l’artiste en résidence, disons, nous donne une démonstration en direct. Il nous explique comment l’artiste procède pour dessiner son sujet sur le bloc de glace. Quinze minutes plus tard nous avons devant nous un petit escargot. Tiens donc! Quelle étrange coïncidence.(Pour ceux qui ne savent pas un Safari Condo a un escargot comme griffe)
Nous écourterons quelque peu le temps que nous avions prévu à Fairbanks qui, malgré les efforts qu’elle déploie, peine à être intéressante. Surtout que Fairbanks doit subir la concurrence du sexy Père Noël qui demeure à North Pole à peine 50 Km de cette vieille Fairbanks essoufflée.
Les deux filles, enivrées par le shopping pour petits-enfants, existant ou à venir, craqueront devant son charme et se feront photographier sur ses genoux. Après avoir vu ça comment demander à des enfants d’être raisonnable????
Que les intéressés parmi vous en prennent bonne note vous aurez droit à des livraisons directement de North Pole au prochain Noël.
Nous voilà rendus à Tok où nous avons planifié, dans les jours précédent, rencontrer mon frère qui commence sa visite de l’Alaska. C’est avec grand plaisir que je les retrouve lui et ma belle-soeur au camping où nous nous étions donnés rendez-vous. Trois équipages de Condistes réunis ça tait quoi? Ça jase voyons! Et à voir la verve de chacun c’est à n’en pas douter le plaisir de tous.
Le lendemain de cette effervescente soirée Béluga et Escampette quittent Tok en direction de Chicken notre dernière destination en terre alaskienne.
Chicken est le plus drôle des bleds visité en Alaska. C’est grand comme un dix sous perdu au fin fond des montagnes. Rien à visiter sinon que son maigre centre ville qui compte 4 cabanes. Un gift shop, un liquor store, un saloon et un café. Mais les résidents savent s’amuser avec dérision de leur réalité. Nous dînons à Chicken et nous y flânons un bon moment avant d’amorcer notre montée vers la Top of the World Hightway.
Le coin du Houblonneux
Artic Rhino une Coffee Porter et la Fallen Angel une Ale dorée de style Belge de la Brasserie Midnight Sun. Deux surprises incroyables. Surtout la Fallen Angel qui surprend et étonne autant Normand que moi. À mon sens une vrai bière de dégustation. Elle se laisse savourer à petite lampée qui nous tire un grommellement de plaisir à chaque fois. Nez puissant, goût envahissant et persistant, de la mâche à revendre ce n’est plus une bière c’est un nectar.
La Artic Rhino aussi est dans la même catégorie mais, me semble-t-il une petite coche en dessous. Riche, dense, onctueuse, elle ne nous laisse pas sur notre faim.
Je dois vous avouer que j’ai fait un entorse à la règle de la consommation de bière locale. Vous connaissez mon penchant naturel pour les IPA et je n’ai pu y résister en la voyant. Alors voici mon péché, la Hop Stoopid de la Brasserie Lagunitas situé à Petaluma en Californie 8% et 102 IBU. Cette bière m’a plongé dans une profonde réflexion introspective sur mon rapport au houblon. Je ne me souviens pas d’avoir bu une IPA telle que celle là. J’ai finalement du me rendre à l’évidence je suis un Hop Stoopid totalement fini. Je ne me lasse pas de ce petit kick in the teeth qu’elle procure. Jamais péché brassicole n’a-t-il été aussi bon.
La Smoked Porter de la Brasserie Alaskan. Cette brasserie me semble vouloir occuper un créneau entre les grandes brasseries industrielles à gros volume et grand public et les brasserie telle Midnight Sun qui propose des produits pour amateurs avertis.
La Smoked Porter est donc un produit de bonne qualité et de belle facture. Mais elle peine à se relever des coups portés par la Fallen Angel et la Hop Stoopid. Personnellement j’aurais aimé percevoir de façon un peu plus intense le côté fumé de ce porter. C’est cependant une très bonne introduction à ce genre de produit que peut de brasseur nous offre.
Le coin du Technophile
Essence utilisée depuis le départ : 1 373 L
Km parcourus depuis le départ : 9 998 Km
Vitesse moyenne enregistrée : 61,9 Km/h
Consommation moyenne : 13,7 L/100 Km
Bonjour, Merci pour les commentaires. Je voudrais t'aider et te soulager un peu, les commentaires sur la bière sont très intéressant et je les apprécie beaucoup, mais je ne voudrais que ce soit pour toi une obligation! après tout tu es en vacances ?? même si la Manouche te fais des peurs à l'occasion. Alors, les commentaires sur la bière ben merci et encore merci peut être un jour pourrons y goûter et comparer
RépondreSupprimerBonjour
RépondreSupprimerAlors les nouvelles .... rien depuis 2 semaines?