dimanche 8 juin 2014

Alaska-Yukon : Les Belles Rocheuses

LES BELLES ROCHEUSES

Nous voilà enfin rendu devant les mythiques Rocheuses.  Ces fameuses montagnes, qui occupent une place particulière, mais pas toujours judicieuse, dans l’imaginaire de beaucoup de québécois.  Dès la ville de Calgary franchi nous commençons à les apercevoir au loin.  Malgré les 80 Km qui nous séparent encore de Banff j’entend déjà les rafales de la caméra de la Manouche.  Comme nous sommes fin mai elles ont déjà perdu une partie de leurs neige, moi je les imaginais blanches, immenses et ensoleillées.  Quand je vous disais, ci-dessus, des montagnes mythiques dans l’imaginaire des Québécois, en voilà donc un exemple.  C’est d’ailleurs de la route de Calgary à Banff que nous aurons la meilleure vue d’ensemble de la chaîne des Rocheuses.

Rendu à Banff le ciel était tellement bas que les plus hauts sommets disparaissaient dans les nuages.  Le roc noir, la fine pluie et le ciel bas assombrissaient un peu mes rêves de photos imaginées.

Ceci dit faut quand même pas se prendre la tête.  Le camping de Banff est au coeur des montagnes et vous n’avez qu’à lever le nez pour les voir ceci sans compter que le lendemain au levé nous avions une wapiti qui broutait sur notre pelouse.  Comme me disait mon petit frère; «Tu fais ben pitié de devoir faire la vaisselle dans les Rockies».

Par chance la température peut changer et l’après-midi, sans être radieux, chassa le ciel de plomb permettant ainsi à l’horizon de ne plus être sous notre nez.

Le début de l’après-midi fut consacré à monter (en téléphérique) au sommet du Mont Sulphur pour admirer le paysage environnant et humer le grand air. Il reste sur le sommet les vestiges d’une station d’observation des rayons cosmiques datant du début du siècle dernier.  Rien d’époustouflant que cette station, mais pour les petits nouveaux que nous sommes la hauteur et la vue étaient le principal point d’intérêt.  Ce n’est quand même pas tous les jours que l’on peut contempler une vallée d’aussi haut.

Nous terminons la journée dans le village de Banff.  Jolie mais essentiellement orientée vers les touristes.  Boutiques, boutiques et encore boutiques.  Généralement remplis de souvenirs d’un goût douteux vendu à petit prix.  Comme tout les endroits touristiques que j’ai eu l’occasion de visiter c’est jolie, bien aménagé mais sans âme.  Les rues ne contiennent rien d’autre que des touristes qui déambulent de commerce en commerce.

C’est véritablement sur la route vers Jasper que nous découvrons les Rocheuses dans toute leurs splendeur.  Malgré un ciel des plus variables et un printemps encore plus frais que celui du Québec, nous découvrons des paysages impressionnants et quelquefois d’une beauté saisissante.  C’est donc vrai que les Rocheuses sont très belles et, comme le dit l’expression consacrée; «à couper le souffle».  Mais elles ne sont quand même pas belles au point de virer fédéraliste.  N’amalgamons pas beau paysage et géopolitique.  L’Alberta, car c’est là que nous sommes, c’est aussi le pays de Stephen Harper et des sables bitumineux.  C’est aussi là que vivent les plus farouches opposants au Registre des armes à feu.  Voilà quelques nuages bien gris au-dessus de ces belles Rocheuses.

Désolé amis lecteurs mais je ne pourrai vous présenter de belles photos du Lac Louise ou du Lac Moraine car les deux étaient encore gelés de bord en bord.  Même chose pour le Mont Edith Cavell dont la route d’accès était encore fermée.  Quand je vous disais que le printemps ici était plus frais qu’au Québec ce n’était pas une blague.  Lors de notre arrêt dîner le long du Lac Bow il a neigé un bon coup durant plusieurs minutes.  

Finalement la température est en dent de scie comme les montagnes.  Quelquefois il suffit de quelques kilomètres de route et nous voilà au soleil avec un lac complètement débarrassé de ses glaces.  Cela me rappel l’Écosse où un seul mot suffit pour parler de la température ; variable.  Chaque jour voit défiler vent, chaleur, fraîcheur, pluie et soleil.

Notre parcours le long de la Promenade des glaciers est ponctué de randonnée pour visiter soit des chutes ou des gorges profondes creusées par l’eau des torrents de montagnes.  Quand le soleil est de la partie ce sont de très agréables moment dans des décors qui nous sont inconnus au Québec. Entre autre le lac Medecine qui disparait en octobre pour ne revenir qu’au printemps.  Je ne vous parle pas d’un étang à canard là, mais bien d’un vrai lac d’une bonne grandeur.  L’étrange phénomène est du partiellement à la fonte des glaciers et à la capacité limitée de la rivière souterraine à évacuer les eaux de fonte.  C’est alors que l’eau remonte vers la surface du sol par des fissures et entonnoirs et crée le lac.

Nous faisons un arrêt à Jasper pour saluer l’ours fétiche et faire quelques achats avant de reprendre la route le lendemain.

Il est possible que je vous reparle des Rocheuses car peut-être reviendrons nous par cette route après notre sortie du Yukon. 

Notre dernière destination canadienne est Prince Rupert dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique.  C’est là que nous prendrons notre premier traversier vers l’Alaska.  Nous mettrons deux jours à parcourir les 1 100Km de route.  Notre premier arrêt sera le village de Burns Lake où nous avons trouvé un Recreation Site (aménagement en forêt publique géré par le gouvernement provincial) à environ deux kilomètres du village où un club de vélos de montagne tient des compétitions et des camps d’entrainement.  Le site offre quelques places de camping aménagées mais sans services et cela gratos.  Toilettes sèches très propres et sentier de 3 Km faisant le tour du lac.  Le temps est doux le ciel est beau c’est donc le moment idéal de déguster nos premiers maringouins de la saison en soupant dehors et en veillant autour d’un bivouac crépitant.

Le lendemain nous reprenons la route.  C’est là que le décor change.  La première partie nous avait donnée à voir un décor plutôt rural.  Le nord de la Colombie-Britannique n’est pas qu’un pays de foresterie.  Nous longeons régulièrement des fermes avec champs en culture et pâturages où paissent des troupeaux de bétail.  Malgré la latitude (environ 55ièm parallèle, c’est plus ou moins la hauteur de Labrador City alors que Montréal est au 45ièm), l’influence du Pacifique rend l’agriculture possible.  Mais à compter de Smither la route devient encaissée entre les montagnes et à partir de Terrace nous longeons souvent le fleuve Skeena sur une route coincée entre les montagnes.  Pour ceux et celles parmi vous qui aimez les routes panoramiques ils vous faut inscrire celle-çi dans votre rubrique des routes à faire.  À mon point de vue elle rivalise avec la Promenade des Glaciers entre Banff et Jasper.   Par prudence nous avions planifié d’arriver à Prince Rupert l’avant vieille de notre départ en bateau.  Le programme n’est pas au repos pour autant.  Lessive, lavage des camions boueux après la randonnée en forêt, douches et achats occuperont les deux équipages durant cette brève journée d’arrêt.


Le coin  du Houblonneux

Désolé, amis disciple du houblon et du malt, je n’ai aucune nouveauté pour vous.  Cependant je peux vous annoncer qu’à Jasper il y a un magasin de vin et bières qui est une véritable caverne d’Ali-Baba avec un très grand choix de bière importées et canadiennes.  J’y ai même trouvé quelques bières de la brasserie Dieu du ciel et Bilboquet.  C’est à noter dans vos cartons de voyage.

Le coin du Technophile

Lecture des données à Prince Rupert.

Essence utilisé depuis le départ : 726,7 L
Km parcouru depuis le départ : 5 385,7 Km
Vitesse moyenne enregistrée depuis le départ : 75,4 Km/Hr
Consommation moyenne depuis le départ: 13,1 L/100Km

Crédit photos : Manon Sabourin

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