KLUANE YUKON - VALDEZ ALASKA
Nous quittons donc Haines, un peu à regret car le paysage est très beau et le village sympathique, en direction de Kluane Lake au Yukon.
La journée est superbe (mais fraîche) et la route est belle. Nous dînons dans une halte dans le Bald Eagle National Preserve. Tout le long de la route, tant dans la portion Alaska que la portion Colombie-Britannique le couvert forestier est dense et ressemble à celui du Québec, sauf que les montagnes sont plus hautes.
C’est vers la fin de la portion de route de la Colombie-Britannique que le décor change rapidement. Nous nous retrouvons dans une plaine assez large flanqué de deux chaînes de montagnes. À notre gauche c’est le Parc National Kluane qui abrite d’incroyables montagnes aussi impressionnantes que belles. Par moment la plaine prend un visage quasi lunaire tant la végétation se fait rare. La saisissante beauté des lieux vient de sa majestueuse immensité et de son dénuement.
La route est superbe. Tellement que j’ai l’impression de rouler sur un nuage. Visiblement elle a été refaite récemment car l’asphalte est encore toute lisse et l’Escampette avale les kilomètres en se contentant de faire siffler le vent.
Nous faisons un arrêt au Centre des visiteurs du Tachal Dhal dans l’espoir de voir des mouflons de Daal. Espèce rare mais le Parc Kluane en compte une petite population qui fréquente régulièrement la Sheep Mountain. Malheureusement ils ne sont pas au rendez-vous et le Centre des visiteurs est fermé, car malgré la lumière de milieu d’après-midi, il est déjà passé 17 heures. Nous reprenons la route vers le Parc provincial du Yukon situé sur les berges de l’immense lac Kluane. Beau parc avec vue sur les montagnes, sites sans services mais très corrects et pour aider à apprécier les lieux il fait beau soleil.
Le lendemain matin nous reprenons la route tôt car nous avons plus de 500 kilomètres à parcourir jusqu’à Slana notre destination du jour.
Hiiiiii Haaaaaa Road
Quelques kilomètres suffiront pour nous faire constater que la route entre le lac Kluane et l’Alaska n’a pas la même qualité que celle de la veille. Ici les ventres de boeuf règnent en maître. L’Escampette s’étire la suspension à loisir et les passagers de faire «Hiiiiii Haaaaaa». Cela nous amusera un bon moment et aidera à avaler les nombreux kilomètres dans la bonne humeur. Bonne humeur qui se dissipera en après-midi car la TOK Cut Off entre TOK et Slana nous fait déguster de nombreuses sections en gravier quelquefois agrémenté de laveuse.
Finalement nous n’arrêterons pas à Slana, où j’avais pensé bifurquer sur la route de Nabesna qui est une des deux seules routes donnant accès au Wrangell - St. Elias National Park and Preserve. J’avais oublié que c’était journée de douche. Alors nous poursuivons vers des campings plus équipés.
Sans difficulté les équipages renoncent au premier visité à Bear Lake. Son côté «ours mal léché» rend l’endroit peu invitant et il nous reviendrait à 26$ par équipages en prenant les douches. Nous poursuivons notre route jusqu’au Red Eagle Lodge, situé à Chistochina, qui, comme son nom l’indique est d’abord axé sur le Lodge. Mais le patron, très affable, accommode les campeurs sans problème.
Pour ceux et celles d’entre vous qui envisagez de visiter l’Alaska d’ici quelques années voici quelques détails supplémentaires. Aucun service ,mais points d’eau pour approvisionner nos réservoirs. L’endroit, sans être reluisant (sont pas très fla-fla en Alaska), est invitant et le patron est super sympathique. À 18$, WiFi et douches inclus dans une vaste salle de bain en bois rond avec petite buandrette pour la lessive, que demander de plus. Et bien, le plus, c’est la possibilité de prendre le petit-déjeuner (copieux et santé) dans la maison avec nos hôtes pour 5$. La délibération pour se rallier à l’idée est fort brève. Vendu!
Après un excellent petit-déjeuner, animé de conversations intéressantes, la maman Manouche fait un appel audio-visuel à notre fille cadette et notre délicieux Ti-Poux. Cela nous fait le plus grand bien de voir et jaser avec nos chéris. La Manouche fait même visiter la maison, d’un beau cachet rustique, à notre fille grâce à la double caméra de son iPad.
Nous reprenons la route en direction de Valdez avec, en poche, l’information du patron de nous arrêter au glacier Worthington juste avant la Thompson Pass. C’est le premier glacier où nous pouvons nous rendre à pied pour le toucher. Après l’incontournable séance photos nous reprenons la route de Valdez.
Quelques kilomètres plus loin un panneau nous avertit que la route est endommagée, nous ralentissons donc et nous constatons dans une courbe longeant une rivière que le parapet de sécurité est au 3/4 arraché ainsi que tous les arbustes environnant. Premier réflexe : un véhicule a raté la courbe et emboutie le parapet. Mais l’ami Normand a remarqué, lui, les deux énormes monticules de pierrailles de chaque côté de la route et surtout que cette pierraille cachait en fait de la neige. Il en a conclut que c’était les résidus d’une avalanche.
D’ailleurs, à mon avis, le segment de route de Glennallen à Valdez est le plus beau et le plus impressionnant que j’ai vu depuis le début de notre voyage. C’est tout simplement ÉPOUSTOUFLANT. Depuis notre départ de Haines la beauté du décor est telle que le contentement de la Manouche a atteint son point d’ébullition et que son bonheur fait des bulles. Il n’y a d’ailleurs aucune autre raison d’aller à Valdez où nous ne coucherons même pas.
Le lendemain matin nous quittons le Glacier Campground (camping militaire acceptant les civils) et nous bifurquons vers le glacier Valdez. Par chance ,qu’il ne soit qu’à quelques kilomètres car nous aurons une amère déception. La photo de la brochure doit bien avoir dix ans car le petit bout de glacier que nous voyons n’a rien à voir avec la photo. Il est à biffer de la liste des choses à voir.
Le coin du Houblonneux
Nous avons gouté la HOPoTHERMIA de la Brasserie Alaskan. C’est une double IPA et ma foi elle tient bien la route. Ma référence personnelle en cette matière est la double IPA de la Brasserie St-Ambroise et je dois avouer que la HopoThermia est presque, tout chauvinisme exclu, aussi bonne. Beau nez de houblon et amertume bien prononcée. Elle se laisse déguster en petite lampée jusqu’au fond de la bouteille. Nous avons aussi renouvelé l’expérience de la Gouden Carolus Classique, déjà dégustée à deux reprise avant. Même si j’en suis rendu à ma troisième dégustation rien ne se banalise dans cette bière de caractère. Toujours aussi bonne et satisfaisante, l’ami Normand et moi en sommes ravis. L’heure de l’apéro se prolongeant nous avons aussi goûté La Corriveau de la brasserie Le Bilboquet, achetée à Jasper. C’est une Stout à l’avoine qui avait comme défi de nous faire oublier la Gouden Carolus Classique que nous venions tout juste de terminer. Elle releva le défi avec brio. Tellement que dès la première gorgé l’ami Normand et moi nous sommes regardés l’oeil mouillé de plaisir. Quelle bière! Du caractère à en revendre, onctueuse, longue en bouche, avec de la mâche soutenue. Chocolat café bien présent et équilibré. Je la conseille sans hésitation.
Le coin du Technophile
Essence utilisée depuis le départ : 958,8L
Km parcouru depuis le départ : 7050 Km
Vitesse moyenne enregistrée : 64,8 Km/h
Consommation moyenne : 13,4L/100Km
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