mercredi 25 juin 2014

VALDEZ-HOMER

VALDEZ - HOMER

C’est avec plaisir que nous refaisons la route de Valdez à Glennallen.  Même s’il y a moins de oh! et de ah! dans l’Escampette le décor est toujours superbe.  De plus, nous dirigeant vers Palmer nous empruntons la Glenn Highway qui est selon le guide Ulysse une National Scenic Byway.  

Les 50 premiers kilomètres nous laissent dubitatif sur le «Scenic» car après notre expérience de la veille nous trouvons le panorama plutôt ordinaire.  Cela change graduellement et nous voyons apparaître de plus en plus les montagnes à l’horizon.  Très beau et très différent de la veille.  Ici il y a plusieurs kilomètres entre la route et les montagnes.  La vue en est une d’ensemble sur la chaîne de montagnes.

Nous nous arrêtons pour aller voir le glacier Matanuska.  C’est le plus gros glacier accessible par la route.  Pour s’y rendre nous quittons la Glenn Hwy pour un petit chemin de terre poussiéreux qui serpente en épingle vers le fond de la vallée.  Nous devons acquitter 35$ par équipage pour franchir la barrière du chemin conduisant tout près du glacier.  D’ailleurs ceux qui n’aime que les routes asphaltées ,s’abstenir car là nous sommes dans le chemin forestier étroit et cahoteux.

Nous y voilà enfin!  Du stationnement rudimentaire nous le voyons au loin ce fameux Matanuska.  C’est vrai qu’il est gros.

Excités nous sautons des Safaris pour enfiler les bottes de marche pour nous élancer sur le sentier boueux y conduisant.  Nous passerons près de deux heures à nous promener autour et dessus.  Son eau pisse de partout, ce qui nous demande d’être attentif à chacun de nos pas, mais quelle splendeur.  Couleur du blanc au bleu, fissures géantes, chant des petites cascade d’eau qui coulent vers le fond de la vallée qui a des allures lunaires.  Certains des morceaux qui s’en sont détachés sont assez gros pour permettre à un groupe d’ados en «classe neige» de pratiquer l’escalade avec mousquetons et cordages sous la supervision de guide.

C’est un peu à regret que nous renonçons au Matanuska pour nous diriger vers le King Mountain State Park un peu avant Palmer pour la nuit.

Finalement nous sauterons par dessus Palmer et la Hatcher Pass pour nous diriger directement vers Anchorage.  Nous les ferons sur la route du retour.

Lors de la préparation du voyage nous nous étions dit que la visite d’Anchorage, qui compte de nombreux musées, se ferait soit à l’aller, soit au retour selon la température.  Comme la température est très fraiche et pluvieuse nous nous arrêtons pour visiter le Anchorage Museum at Rasmuson Center.  C’est ici aussi que nous parviendrons, avec l’aide du représentant d’AT&T, à régler le problème de renouvellement de carte SIM du iPad de Carole.

Le Anchorage Museum est un très beau musée.  Architecture jolie et moderne et présentation impeccable.  J’ai personnellement flâné très longtemps dans la section présentant les artefacts provenant des peuples autochtones ayant occupé l’Alaska avant l’arrivée des russes et des Européens.  Collection riche et bien présentée.  Les présentoirs vitrés sont bordés de station vidéo où il est possible d’écouter des entrevues avec des représentants des différents peuples ayant occupé le territoire. C’est, selon moi, à voir.

Un peu plus loin sur le même étage il y avait des écrans présentant les tremblements de terre se produisant un peu partout dans le monde.  L’un des écrans présentait ceux ayant lieu en Alaska. Surprise il venait de s’en produire un à peine deux heures plus tôt (un tout petit évidemment). 

Lorsque nous ressortons du musée la pluie a cessé et le ciel est un peu moins lourd qu’à notre arrivée.  Nous profitons de la «grosse ville» pour faire une épicerie avant de filer vers le Bird Creek Campground situé dans le Chugach State Park le long du Turnagain Arm.

L’Anchorage d’aujourd’hui ressemble à n’importe quelle ville nord-américaine.  La ville ayant été presque complètement détruite lors du Good Friday Earthquake en 1964 l’on n’y trouve presque plus de section historique.  Tout ou presque est neuf ou très récent.  

Aussitôt le petit déjeuner avalé nous reprenons la route vers Seward en faisant un détour par Whittier.  Pourquoi Whittier alors qu’il n’y a rien, mais vraiment rien à voir ou à faire là?  Pour le tunnel voyons.

Le petit patelin de Whittier n’est accessible que par bateau ou par le tunnel de chemin de fer qui fait deux miles de long. C’est là l’attraction qui nous a conduit à Whittier.  Le coût du passage étant par véhicule nous ne prendrons qu’un seul Safari pour nous y rendre.

Personnellement je n’avais pas un très grand intérêt pour le tunnel.  Il nous faudra d’ailleurs attendre près d’une demie-heure pour que la fumée du train, qui en sortait lors de notre arrivée, soit complètement purgée et que les feux d’accès tournent au vert.

Le fameux tunnel n’a la largeur que pour un train il est donc étroit et haut.  Son intérêt réside dans le fait, selon moi, que les parois sont en roc brut sans aucune finition.  Cela lui confère un petit côté glauque et mystérieux de film en noir et blanc.

Nous atteignons finalement Seward où les campings sont situés en bordure de mer.  Le paysage environnant est très beau et le village séduit malgré le temps tristounet qui sévit.  Nous y passerons deux nuits.

Après l’installation nous allons nous balader dans le village près du port où les charter de pêche sont amarrés.  Justement un groupe de pêcheur prennent pied à terre avec leur pêche.  Il y a bien une demie-douzaine de flétans du pacifique, quelques saumons et quelques autres poissons dont je ne connais pas le nom.  Cela suffit pour créer l’ambiance nécessaire à ce que Normand et moi allions acheter nos permis de pêche.

Le lendemain nous n’avons pas tous le même programme d’activité pour la journée.  Carole a réservé pour une randonnée de bateau pour les baleines et les lions de mer alors que Normand, la Manouche et moi allons voir le glacier Exit qui n’est pas très loin de Seward.  J’ai trouvé le glacier Exit moins impressionnant que le Matanuska mais la visite plus instructive car il est intégré dans  le Chugach National Forest et il y a donc des panneaux d’information et des balises qui nous permettent d’apprécier son retrait depuis 1799.  Cela rend plus palpable le processus de fonte des glaciers qui n’est, par ailleurs,  pas essentiellement dû au réchauffement climatique. En après-midi la Manouche ira visiter l’aquarium de Seward pendant que moi et Normand irons pêcher à Lowell Point à quelques kilomètre au sud de Seward.

Nous nous retrouvons tous pour le souper.  Tous sont contents de leur journée, particulièrement Carole qui non seulement a pu voir des baleines grises et à bosses mais en plus un ours blanc des glaciers qui est, parait-il très rare.  Malgré la bonne humeur et l’ambiance festive chacun des équipages soupera dans son camion car la température ne permet pas de transporter bonne humeur et ambiance autour d’une table de pique-nique.

Au levée, le jour du départ, le temps est toujours pluvieux et frais.  Chacun des équipages occupe la majeur partie de la matinée à des choses personnelles.  Nous ne sommes pas vraiment pressés car la destination du jour est à courte distance et notre première obligation est un rendez-vous rafting sur la rivière Kenai à 14 heures.

La Manouche et moi nous dirigeons vers la bibliothèque qui offre du WiFi.  Cela nous permet de découvrir ce bâtiment dont la partie supérieure des murs extérieurs est recouverte de tuiles de métal qui ont la propriété de changer de couleur selon l’angle dans lequel vous les regardez.  De trouver cela ici au fond de l’Alaska me surprend et me ravit.

Le deux heures de rafting est un enchantement par le paysage et la musique de l’eau qui dévale sur les cailloux.  Nous n’aurons pas véritablement de sensation forte car le forfait choisi est du type familial, mais dériver deux heures sur une eau aux teintes turquoises entourées de forêt et parsemées de pêcheurs à la mouche, rompt avec notre quotidien fait de route et de camping.

C’est d’ailleurs, je crois, au cours de cette descente que nous apprendrons que la pêche est ouverte depuis deux jours et que la première montaison du sockeye est commencée.  Cette dernière étant particulièrement forte dans la Russian River à l’embouchure de laquelle nous terminerons notre rafting.

Normand et moi en profitons d’ailleurs pour examiner cette rivière où nous prévoyons pêcher le lendemain.  Avide de renseignements j’interroge la jeune femme qui dirigea notre embarcation durant la descente.  Cela a refroidi nos ambitions.  Les chances de trouver une place de camping dans les State Park de Cooper Landing sont nulles.  Tous les Fishing Freak de l’Alaska seront ici pour le week-end qui commence.  Après avoir fait la tournée de quatre camping de State Park nous devons nous rendre à l’évidence.  Tous affichent COMPLET!

Nous devons re-planifier notre programme.  Cooper Landing n’est vraiment pas l’endroit où être durant se week-end. Finalement nous décidons de nous rendre directement à Homer et de reprendre notre programme à l’envers de notre planification initiale.  La journée étant passablement avancée nous nous arrêtons au Morgan’s Landing Campground à Sterling.

Le lendemain, en route pour Homer, nous décidons de nous arrêter au Clam Gulch State Recreation Site pour dîner car il y a des tables à pique-nique.  Nous devons là aussi renoncer à notre projet car une autre surprise locale nous y attend.  Figurez-vous que la marée est basse sur l’heure du dîner et que tous les villages environnants se sont donnés rendez-vous en ce beau samedi midi pour la pêche aux palourdes sur la plages.  Le stationnement déborde tant il y a du monde.  On the road again jusqu’à un arrêt scenic view en face du volcan Redoubt qui se trouve de l’autre côté de la baie.  Il n’y a pas de table à pique-nique mais le décor est somptueux juste en face. 

À Homer nous trouvons assez facilement une place dans le camping municipal Fishing Hole situé sur le Spit.  Nous nous installons à deux pas du théâtre, à dix pas des tables à dépecer les poissons et à vingt du Fishing Hole.  Il y a beaucoup de monde partout sur le Spit, espèce de langue de terre qui s’avance dans la baie.  Le décor immédiat n’est pas très champêtre ou bucolique.  L’ambiance est un étrange mélange d’industriel, de maritime et de touristique.  D’un côté la route est bordée de commerces et boutiques, de l’autre de camping, marinas, port et hangar.

Normand et moi ne nous laissons pas rebuter et nous nous installons sur les bords du Fishing Hole pour y tenter notre chance.  Croyant l’endroit fréquenté par des poissons de fond nous nous gréons à la ligne morte en appâtant nos hameçons de morceaux de poissons prélevés dans le conteneur à  carcasse sis à côté des tables à dépecer.  N’étant pas les seuls à pêcher ainsi nous maintiendrons cette stratégie durant les deux heures que nous passerons là confortablement assis dans nos chaises.

C’est l’observation de certains pêcheurs situés vers le centre de ce Hole qui nous conduisis à modifier notre stratégie.

Le lendemain nous nous installons donc, moi à la mouche et Normand à la cuillère.  C’est ainsi que nous sortirons deux saumons de ce fameux Fishing Hole.  Voilà un souper de réglé!  La Manouche et Carole en avait déjà réglé deux en allant à la poissonnerie juste en face pour acheter du crabe. :-((


Le coin  du Houblonneux 

Je vous avais déjà parlé de la Summer de la Brasserie Alaskan situé à Juneau.  Cette fois ci je vous parlerai de la Stout à l’avoine et de la Amber de la même brasserie.  La Stout du subir le supplice de la question car elle fut débouchée à peine deux jours après La Corriveau.  Il est impossible de ne pas comparer l’une et l’autre car elle sont toutes deux des Stout à l’avoine.  La Stout d’Alaska ne fait pas le poids à côté de La Corriveau.  Beaucoup moins d’amplitude en bouche, moins de nez aussi et moins persistante.  Ceci étant dit elle est loin d’avoir à rougir.  Elle est une belle et bonne candidate dans la catégorie des Stout à l’avoine.  Elle a du nez et du goût.  Elle ne s’efface pas immédiatement, la gorgée avalée.  Elle mérite d’être sur votre liste d’achat si vous cherchez une honnête stout de tout les jours.

La Amber m’a beaucoup moins impressionnée.  Supérieure aux bières de grande brasserie elle affiche cependant moins de caractère que sa soeur la stout.

Je suis revenu à mes amours en goûtant la Sockeye Red de la Brasserie Midnight Sun.  C’est une 
India Pale Ale de belle tradition.  Très belle amertume et bon nez de houblon.  Elle dure un bon moment en bouche et nous donne la petite crispation caractéristique des IPA.  Je l’ai apprécié et j’en reprendrais avec plaisir si notre programme de dégustation n’était pas aussi chargé.

Le coin du Technophile


Essence utilisée depuis le départ : 1 112 L
Km parcouru depuis le départ : 8 172,5 Km
Vitesse moyenne enregistrée : 63,4 Km/h

Consommation moyenne : 13,5 L/100 Km

1 commentaire:

  1. Superbe texte... et quelles photos! J'avoue que la photo de l'aigle en vol m'impressionne particulièrement!
    Bonne continuation!

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