samedi 23 mars 2013

Plantations et Cajuns des Bayous


LES PLANTATIONS ET LE PAYS CAJUN

LES PLANTATIONS

En Louisiane il y avait une forte concentration de plantations sur les rives du Mississipi. Le fleuve permettait l’irrigation des cultures, soit coton soit canne à sucre, et il était la meilleure route pour le transport des récoltes vers le port de la Nouvelle-Orléans.  Certes il y en avait d’autres sur le territoire mais les rives du Mississipi attiraient.  Entre la Nouvelle-Orléans et Bâton Rouge il y en a 400.  La grande majorité sont d’ailleurs encore exploitées.  Ce qui a disparue, c’est la structure sociale esclavagiste sur laquelle reposait l’exploitation des terres entre le 17 ièm et 19ièm siècle.  Il reste encore des «belles d’autrefois» de l’époque des riches planteurs mais beaucoup d’entres elles ont été détruites par les troupes nordistes lors de la guerre civile ou encore par le temps.  Parmi celles qui ont survécues plusieurs sont encore habitées ou ne représente pas un grand intérêt historique.

Il faut se rappeler que la société ne se divisait pas qu’entre riches planteurs et esclaves.  Il existait, tant dans la société WASP que Créole des petits cultivateurs qui n’avaient pas les moyens de s’acheter des esclavages, qui au demeurant coûtaient très cher.

La plantation Laura, situé à Vacherie, doit son nom à Laura Locoul (1861-1963). C’est une plantation typiquement créole.  Oubliez la grande maison à colonne blanche avec grande porte d’entrée centrale.  Même si la maison des Locoul est de bonne taille elle est de facture plus sobre que celles que vous avez vu dans la section «Charleston-Beaufort-Savannah».  Elle fut édifié par un esclave Sénégalais sur le modèle des maisons africaines.  Ray notre guide Cadien nous explique qu’elle a d’abord été préparée en «kit», tout les éléments étant numérotés ont ensuite été assemblés en 11 jours.  Le concept IKEA version 1805.  Elle a été construite «comme du bon sens» nous dit Ray notre guide.  La maison s’élève à près de 4 pieds au-dessus du sol.  Toute la périphérie repose sur des pilotis de briques qui ont leurs assises sur le roc à plusieurs pieds sous terre.  La partie centrale du bâtiment repose sur ce que les gens d’ici appele un sous-sol mais dont le plancher est à peine sous le niveau du sol environnant.  On y entreposait d’énormes urnes, glacées à l’intérieur et poreuses à l’extérieur.  La glaçure intérieure protégeait les aliments que l’on y entreposaient pendant que le côté poreux absorbait l’humidité et la fraîcheur du sol aidant ainsi à maintenir une température fraîche contribuant à la conservation des denrées.  Ce sous-sol servait aussi de cave à vin, car n’oublions pas que les «créoles» sont d’ascendance française.  Cette plantation en était une de canne à sucre (elle l’est toujours d’ailleurs).  

Les constructions sur pilotis visaient la protection contre les débordements du Mississipi et surtout assuraient une meilleure circulation d’air frais sous le bâtiment durant l’été (fin février début mars les journées montent facilement à 17 et 20°C alors imaginez l’été).  C’est aussi, semble-t-il, pour les mêmes raisons que l’on aménageait de longues allées bordées de chênes allant des rives du Mississipi jusqu’à la résidence des maîtres.  Elles induisaient un corridor d’air frais partant des rives du fleuve et qui venait rafraîchir la résidence.  Les propriétaires n’y passaient souvent que l’été pour superviser les travaux, le reste du temps ils vivaient en ville.

Ce qui est particulièrement intéressant à la Plantation Laura c’est que Laura Locoul, après avoir lu «Autant en emporte le vent» de Margaret Mitchell, décida d’écrire ses mémoires et l’histoire de sa famille (elle était l’arrière-petite fille du fondateur).  Elle voulait ainsi, semble-t-il, témoigner d’une autre réalité du sud créole qui n’était pas celle de la Georgie.

Les mémoires de Laura permettent donc aux guides de nous raconter la vie sur la plantation sur quatre générations.  La réalité de l’esclavage y est d’ailleurs plus ouvertement abordé qu’ailleurs.  Laura, elle-même, raconte les rudesses que sa grand-mère, qui avait une poigne de fer, faisaient subir aux esclaves allant même jusqu’à les marquer au fer à bestiaux s’ils avaient tentés de s’échapper.

Plusieurs «cases» de l’époque témoignent aussi des conditions de vie des esclaves.


La deuxième plantation que nous visiterons peut se repérer de loin avec sa structure massive et ses couleurs vives et claires et ses deux citernes d’eau peintes en bleu.  La plantation San Francisco, construite vers 1856 par Edmond Marmillion est d’un style bigarré.  Mi-Créole, mi -«Greek revival» avec des accents victoriens.  Autre particularité ce sont les deux énormes citernes qui flanquent la maison.  Elles collectaient les eaux de pluie via le toit et les retournaient vers la maison par un sommaire réseau de tuyaux de plomb.  La vie sur cette plantation pu être documentée grâce aux lettres mensuelles que l’épouse de Valsin Marmillion, fils d’Edmond, écrivit à sa famille, demeurée en Bavière, durant 23 ans.  D’ailleurs je trouve assez incroyable que plus d’une centaine de ces lettres aient pu être conservées durant plus d’un siècle.

Le mobilier d’époque est une copie de l’original mais il recrée bien l’atmosphère original.  Malheureusement la visite ne se déroule qu’en anglais et notre guide semble en être encore au stade de réciter sa leçon plutôt que de nous raconter une histoire.  L’immense maison fut habitée jusqu’en 1974.

La dernière plantation que nous avons visitée est Houmas House Plantation and Gardens. Elle est située plus près de Baton Rouge que de la Nouvelle-Orléans.  Cette plantation doit son nom aux Amérindiens Houmas qui habitaient la région.  C’est Alexandre Latil qui l’acquit à la fin du XVIIIe siècle et y fit construire la première maison.  C’est le général Hampton qui racheta la propriété pour l’offrir en cadeau à sa fille et son gendre.  Ils y firent construire en 1840 une grosse maison blanche à colonnades de style «Greek Revival» qui fut racheté près de 20 ans plus tard par un planteur Irlandais.  Elle fut abandonnée à la fin du XIXe siècle et racheté en 1940 par un médecin de la Nouvelle-Orléans.  Elle est encore habitée aujourd’hui mais tout le mobilier original a été conservé.

Je ne sais trop si c’est dû à notre léger retard mais notre guide fut une noire plantureuse plutôt que la jeune femme déguisée en Scarlett annoncée par notre guide voyage.  Mais peu importe la raison cela nous donna probablement la meilleure visite que nous ayons eu. 

Judy, c’est son nom, est dotée d’une joie de vivre communicative et d’un bagou truculent et remplit d’humour.  Malgré mon anglais, plutôt moyen, j’ai rigolé à plusieurs reprises durant cette visite des plus animée.

Pour vous donner une idée du personnage voici ma version de sa tirade sur les femmes Louisianaises : «Here in Louisiana woman came in three size ; chunky, chunk and the size you must not wear tight clothes. I know what I’m talking about because I’m a big girl but I know my limit.  I always said that you cannot put 25 pounds of sausage meat in a tiny 10 pounds bag»

Après cet ode à la saine gestion du bourrelet elle nous invita à grimper à l’étage par un escalier en colimaçon tout en bois et parfaitement circulaire et sans aucune patte de soutien.  Une admirable oeuvre d’ébénisterie.  Nous pûmes découvrir rapidement que ses capacités à la tirade mi-sérieuse mi-loufoque n’était pas son seul talent.  En effet après nous avoir fait visiter la chambre dans laquelle Bette Davis donnait la réplique à Olivia de Havilland dans le film Hush, Hush, sweet Charlotte elle nous conduit au salon des dames où elle s’installe au piano pour nous offrir une interprétation des plus convaincante de la chanson du film.  Messieurs dames frissons garanties.

Elle nous parlera aussi de la pratique que certains propriétaires d’esclave avaient développée pour se garantir des esclaves fort et de bonne constitution.  Ils achetaient d’abord quelques hommes particulièrement fort et semblant de bonne santé pour résister aux maladies locales (malaria, fièvre jaune, fièvre «Denke»)  qu’ils accouplaient avec des femmes ayant des caractéristiques similaires et des dispositions à des maternités nombreuses.  Cela assurait une future main-d’oeuvre de bonne qualité à moindre coût. 

Après qu’elle nous eu parlé des différents cataclysmes qui affectaient et affectent encore la région nous débouchâmes sur la balcon faisant face au Mississipi et elle nous parla d’une de ses chansons préférée qui parlait des différents malheurs des Louisianais et elle nous entonna a cappella la dite chanson.  Ouff!  J’en eu les poils de bras complètement dressés et les vertèbres ébranlées jusqu’au bas du dos.  Une complainte rendue par une voix de blues qui fait mal. Ça arrache!

Les deux guides créoles (Ray l’Acadien et Judy la descendante d’esclave) échappèrent occasionnellement leurs mépris ou animosité à l’égard de la société états-uniennes.  Il devenait alors apparent que le vieux choc n’était pas complètement résorbé.  

Nous complétons notre visite de Houmas par ses magnifiques jardins qui à eux seuls méritent un détour jusqu’à cette plantation.


LE PAYS «CAJUN» DES BAYOUS

Même si nous n’avions pas prévu nous arrêter visiter Baton Rouge nous décidons, étant campé tout près, d’aller visiter le Old State Capitol.  C’est d’ailleurs la seule chose ayant un peu d’intérêt à Baton Rouge (capital de la Louisiane).  C’est Le Moyne d’Iberville qui, explorant les rives du Mississipi en 1699 aperçu le premier un cyprès dépourvu d’écorce et enduit de sang.  Les amérindiens du coin y sacrifiaient des animaux sauvages et il servait de démarcation entre les territoires de chasse de deux tribus.  Les pionniers français qui s’y installèrent 20 ans plus tard donnèrent le nom Baton Rouge à leur agglomération.

Voilà pour la petite histoire. Pour le reste c’est une ville sans intérêt.  Construite à l’américaine (enclave résidentielle coincée entre des enclaves commerciaux ) elle n’offre rien de très intéressant pour les touristes.

Nous enfilons donc la I 10 en direction de Lafayette.  Nous traversons l’étonnant Bassin de l’Atchafalaya.  Immense complexe hydrique composé de lac, rivière et énorme marécage.  Puis nous nous dirigeons vers Avery Island au sud de New Iberia.  Vous vous demandez ce qui peu bien conduire les Manouches à Avery Island? Si je vous dis que les lieux appartiennent à la famille McIlhenny est-ce que certains parmi vous font la lumière sur l’énigme?  Toujours pas trouvé ce qu’il y a à Avery Island?  Si je vous fournis une information de plus en vous disant que c’est piquant est-ce qu’il y a des cloches qui vous sonnent?

C’est à Avery Island que se situe la seule usine au monde à produire cette fameuse sauce? Non toujours rien?  Pour ceux qui n’ont pas encore trouvé il s’agit de la sauce Tabasco.  Absolument toutes les petites bouteilles de cette sauce de piment proviennent de cette unique usine qui en embouteille environ 600 000 par jour.

Est-ce que c’est intéressant à visiter au moins, me demanderez-vous! Peut-être.  L’usine? Pas vraiment!  car la seule chose que nous voyons ce sont les chaînes d’embouteillage.  Ce qui a retenu mon attention (étant amateur de piment) c’est l’élaboration de la purée qui servira, après trois ans de mûrissement en barrique, à faire la sauce liquide que nous utilisons en cuisine.

Ce qui m’a la plus intéressé personnellement c’est le magasin où l’on trouve absolument tous les produits de la marque Tabasco.  Évidemment la sauce rouge que tout le monde connait dans son format habituelle mais aussi au gallon.  La verte, la chipotle, celle aux Habaneros (variété de piment), des sauces à viandes, de la mayonnaise à la Tabasco, de la moutarde, des Dills, des olives, des sauces pour la cuisine orientale, du ketchup à la Tabasco, des gelées à la Tabasco (une rouge et une verte) et aussi, tout incroyable que cela puisse paraître de la crème glacée aux jalapenos.  La Manouche lui a goûtée et elle en est revenue vivante, signe qu’ils savent modérer leur transport dans le dosage.

Avery Island compte d’importante culture de piments tabasco (la compagnie en a aussi d’autres en Amérique centrale et du sud) ainsi que des mines de sel qui sont d‘ailleurs utilisées par la compagnie pour confectionner sa purée.

De là nous nous dirigeons vers Pont Breaux pour un bivouac furtif en lisière du Bayou Teche.  Ce «spot»  deviendra un peu notre port d’attache durant notre séjour au sud de l’Interstate 10. 

Les Acadiens arrivèrent en Lousiane à compter de 1765 soit dix ans après le Grand Dérangement de 1755 au cour duquel les Britaniques les expulsèrent, sans ménagement aucun, de Grand Pré en Nouvelle-Écosse.  Toujours Acadien ou Cadien (dans sa forme amputée) ce sont les états-uniens qui (phonétique anglo-saxonne oblige) écriront Cajun.  

Les Acadiens s’installeront en partie dans les Bayous (grosso modo le sud de l’Interstate 10) et en partie dans les prairies (grosso modo au nord de l’Interstate 10).  

Tous parmi vous connaissez sûrement déjà le mot «bayou».  Mais combien serait en mesure d’expliquer exactement ce que c’est?  Comment se sont-ils formés?

Moi avant de débarquer ici j’avais l’impression que bayou était un synonyme de marécage.  Ce qui n’est pas le cas même s’il peut y avoir des marécages environnant.

Certains bayous, tel le bayou Teche, peuvent par endroit avoir la largeur d’une rue et faire des kilomètres de long.  Visuellement vous auriez l’impression d’une rivière mais ce n’en est pas vraiment une.  Intrigant non?
J’eu une partie des mes réponses en visitant un centre d’information sur le fleuve Mississipi.

En résumé les choses se présentent ainsi : Il y a 10 000 ans les sites qui verront naître Lafayette, Baton Rouge et la Nouvelle-Orléans n’existaient pas.  C’était alors le Golfe du Mexique.  Que de l’eau.  C’est le Mississipi qui créa toute ces terres progressivement par ses alluvions et ses débordements répétés.  Les sédiments charriés par le fleuve finirent par repousser le Golfe du Mexique vers le sud là où nous le connaissons aujourd’hui.

Le delta se créant le fleuve développa une forte ramification qui continuait à charrier des sédiments.  Cela fit en sorte que des bras se refermèrent progressivement. Le fleuve lui cherchant toujours sa route vers le Golfe en développa d’autres ou inondera les nouvelles terres ainsi créées déposant à nouveau des sédiments à certains endroits faisant ainsi émerger les terres de l’eau et à d’autres endroits des zones marécageuses.  C’est ainsi que naquirent les bayous.  Ce sont principalement des bras morts du fleuve. 

Pour se protéger des fréquents débordements du fleuve les hommes construisirent des digues sur ses rives.  Les gens ici appellent cela des «levee».  Plutôt modeste au 18e et 19e siècle elles furent grimpées à près de 15 mètres par endroits au 20e siècle.  Les travaux furent complétés au milieu des années ’30.

Les Louisianais voulant protéger leurs terres des inondations du fleuve réalisèrent progressivement qu’ils perdaient leur terre au profit du Golfe qui regagnait le terrain perdu au cour des derniers 10 000 ans.  De 1932 à 2000 c’est près de 1 700 milles carrés de terre que la Louisiane a perdu.

Après cette longue digression j’en reviens à notre voyage car je présume que vous êtes ici pour ça.

Le lendemain matin, après que les 600 parents eurent fini de venir débarquer leurs enfants à l’école qui jouxte le petit parc qui longe le bayou nous partons pour Lafayette.  Nous y visiterons le centre-ville (petit et vite parcouru), le village Acadien (genre Village Québécois d’antan) et nous terminerons la soirée au Blue Moon Saloon & Guest House.  C’est ici, dans un décor plutôt western que nous prendrons contact avec la musique traditionnelle acadienne telle qu’elle se pratique aujourd’hui et aussi et surtout avec leur irrépressible besoin de danser.

Le lendemain matin nous reprenons la route en directions du Lac Martin où nous avons rendez-vous avec Norbert Leblanc pour une visite guidé sur le lac Martin.  Originellement fixé à 10 h le rendez-vous a été déplacé à midi, M. Leblanc ayant besoin de temps pour finir de réparer une «machine».

Monsieur Leblanc qui a aujourd’hui 78 ans, est le premier Cadien que nous rencontrons et qui parle vraiment français.  Il fut trappeur et chasseur la majeure partie de sa vie.  Ce n’est pas sans une belle pointe de fierté qu’il nous présente ses mini albums photos illustrant ses meilleures prises.  Ses trophées sont un alligator de 500 Kg et une barbue de 40 Kg.  Ils a tout chassé, de l’écureuil à l’alligator en passant par le cerf.
La tournée du lac est de plus agréable car le soleil et la chaleur ont fait sortir de l’eau alligators, tortues et serpents.  Les deux heures de randonnée passe très vite grâce aux anecdotes colorées de Norbert.

À 14 h. nous prenons la direction de St-Martinville pour allez y visiter «Le petit Paris Museum».  Ces la seule chose qui semble avoir un quelconque intérêt.  Mal nous en pris, le minuscule musée a fermé ses portes.  Nous nous rabattons sur l’église, plutôt modeste, et son pourtour.

Un peu dépité nous rentrons à Pont-Breaux pour prendre un apéro sur la terrasse du «Café des amis» en attendant d’aller au souper-dansant chez «Pont Breaux» (anciennement Mulate’s) resto très réputé du coin.  Nous nous régalons de la cuisine Cajun traditionnelle mais nous restons les fesses collées à notre chaise.

Le lendemain levé à 6 h de façon à être à la porte du Café des amis à 7 h. pour le petit-déjeuner dansant (ils sont insatiables vous disais-je)  .  Nous y arrivons vers les 6 h 50 et il y a déjà près de 8 personnes qui attendent l’ouverture des portes à 7 h 30.  Rapidement nous établissons un contact avec deus Acadiens du Nouveau-Brunswick.  Ils sont de 8 à 10 mois par année dans leur VR et ont tout leurs équipements pour s’entraîner pour le triathlon.  Tout leurs équipements est dans un camion 6 roues qui remorque leur caravane.  Ils y ont installé des lits et une toilette chimique pour pouvoir se déplacer, pour de courte période, sans avoir la caravane derrière.

Ce matin au Café des amis nous avons droit à l’orchestre Zydeco de Donna Angelle.  Ce n’est pas long que ça chauffe déjà à l’intérieur du Café alors que la file d’attente s’agglutine sur le trottoir à l’extérieur.  Nous avons de bonnes places et la tablée est rapidement complétée par un couple de Texan avec qui nous entamons la conversation.  Il n’est pas 8 h. que déjà des Cajuns envahissent la petite piste de danse devant l’orchestre.  Après avoir analysé durant un moment les pas des deux seules danses qui se pratique ici les Manouches se risquent sur la piste de danse à quelques reprises.  Cela durera ainsi jusqu’à midi.

Le soir nous avions prévu aller à une soirée dansante mais nous constatons à la porte qu’il y a relâche.  Mais ce n’est que partie remise.  Nous repartons donc pour le  Teche où nous avons la surprise d’y découvrir de nouveaux voisins que nous ne connaissons pas.

Une petite Westfalia est déjà installée pour la nuit.  Nous réalisons rapidement que ce sont des Québécois de Sherbrooke.  La conversation s’enclenche et s’anime rapidement.  Il semble bien qu’il n’y a pas que les Condistes qui pratiquent avec passion ce sport du mâche-patate.  Cela fait 17 ans qu’ils arpentent l’Amérique du Nord avec leur West 1994.  Cette fois-ci ils se dirigent vers la Californie dans un périple de 4 mois, selon monsieur, 3 mois, selon madame (plus ça change plus c’est pareil).  Ils viennent tout juste de reprendre leur voyage car le décès de la mère de madame les a contraint à remonter, en avion, au Québec pour la période des funérailles.

Dimanche matin c’est grasse matinée au bayou.  Cet après-midi nous prendrons notre revanche sur l’affiche de NO DANCE d’hier au soir.  En après-midi nous débarquons donc à «La Poussière».  Grande salle rectangulaire avec tables et chaises autour de la piste de danse, orchestre à une extrémité et bar à l’autre.  La salle est sombre mais pas suffisamment pour que nous ne réalisions rapidement que la clientèle a des allures de club d’âge d’or.  J’ai un léger moment d’hésitation avant de sortir mon porte-monnaie mais bon, en peu penaud, je réalise que dans une photo  de groupe ma gueule ne déparerait pas trop le portrait.  Alors je ravale mes illusions pendant que j’extrais le prix d’entrée du porte-monnaie et que la Manouche se dirige vers une table de l’autre côté de la salle.

L’admission réglée, la bière achetée je retrouve la Manouche attablée avec un couple de Cajun avec lequel la conversation est déjà amorcée.  La Manouche m’introduit et me présente Irène Melançon et Alfred Sonniers (originellement Saulnier).

Nous passerons l’après-midi avec eux mais je réalise rapidement que les Cadiens sont échangistes.  Surpris?  Pas autant que moi!  Nous avons dansé à peine quelques danses que des femmes viennent m’inviter à danser pendant que leurs compagnons sont visiblement très heureux d’inviter la Manouche (qui ne l’oublions pas est la p’tite jeune de la place).  C’est ainsi que l’après-midi s’enfile vers le soir en enchaînant danse sur danse avec un peu de conversation, surtout en anglais, (il est difficile de parler car l’orchestre ne prend jamais de pause) avec Irène et Alfred.  À la fermeture de la salle ce dernier me donnera spontanément son numéro de cellulaire. «Au cas où» me dit-il.

Au sortir de «La Poussière» il pleut à boire debout (il pleuvra d’ailleurs toute la nuit) nous nous dirigeons vers Lafayette pour un souper dans un Buffet Chinois dément avant de nous installer pour la nuit au WM en face de l’autre côté de la rue. C’est alors que je réalise que le plafond de l’Escampette est imbibé d’eau même si le ventilo est très bien fermé.  Désagrément qui me forcera à trouver un détaillant de VR pour acheter un produit de calfeutrage.

C’est sur cette surprise aqueuse que nous terminons notre visite chez les Cajun des bayous.


Le coin  du Houblonneux

Select 55 de la brasserie Budweiser ; je n’irai pas par quatre chemins.  Cette bière, si tant est que s’en soit une c’est de l’eau gazéïfiée qui aurait eu une relation platonique avec une vieille barrique de bière desséchée.  À éviter sauf si vous risquez la déshydratation.  La suivante est beaucoup plus intéressante.  Il s’agit de la LA 31 de la Brasserie Bayou Teche d’Arnaudville.  La Brasserie Bayou Teche fait brasser sa bière par la Brasserie Lazy Magnolia situé au Mississipi.  La LA 31 est une lager d’un beau doré foncé avec une belle amertume qui sait ne pas avoir trop d’insistance.  Elle est équilibrée, satisfaisante au goût et rafraichissante à boire.  C’est avec un peu de regret que l’on constate que le verre est déjà vide.


1 commentaire:

  1. Houmas est la plantation qui nous reste à visiter à Vacherie. Comment s'assurer que c'est Judy qui en assurera la visite... En tout cas... vous nous donnez vraiment le goût d'aller la visiter!

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