Nous arrivons à Memphis sur l’heure du midi et nous commençons notre exploration de la ville par une visite de l’incontournable Sun Studio où Elvis enregistra, à ses frais, sa première chanson pour en faire cadeau à sa mère.
Le studio, réservé au visite le jour, sert encore à enregistrer le soir et la nuit. Il est encore rempli d’instruments de musique et d’une salle de contrôle fonctionnelle.
La visite ne se limite pas au studio proprement dit. La visite commence à l’étage supérieur où le guide nous replonge dans la réalité de l’époque et nous présente certains artefacts de l’époque, entre autre l’amplificateur d’un guitariste qui dû le réparer «maison» juste avant un enregistrement et qui donna un son qui devint une signature du son «Rock & Roll».
Sun Studio est surtout connu comme l’endroit où commença Elvis Presley mais ce n’est pas le seul personnage connu qui y fit ses débuts. Des noms comme B.B. King, Howlin’ Wolf, Rufus Thomas Jr, Roy Orbison, Johnny Cash, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins et beaucoup d’autres moins connus ont fait leur début là. La musique et l’atmosphère est tel que je ne peux résister à la tentation d’acheter la compilation 60ièm Anniversaire qui nous offre 60 chansons enregistrées au studio.
Pour notre séjour à Memphis nous nous installons au T.O. Fuller State Park situé à une quinzaine de minutes du centre-vile de Memphis. C’est en «rockant» que nous préparons le souper dans l’Escampette.
Le lendemain nous repartons pour Memphis et nous allons visiter le Rock’n’ Soul Museum du Smithsonian Institute. Excellent musée par sa facture et la qualité informative de ses exhibits. Le musée permet de retracer les racines du blues et country issues des campagnes pauvres peuplées de noirs et de blancs qui ponctuaient leurs longues journées de travail aux champs de leurs musiques respectives. C’est au début du 20ièm siècle que les musiciens du Delta du Mississipi réussirent à sortir de leur guitare des musiques sonnant comme les pleurs et les cris des humains. Le delta a donné quelques uns des plus brillants musiciens de blues, tel Tommy Johnson, Charlie Patton,James «Son» House, Robert Johnson et Nehemiah «Skip» James qui ont su traduire dans leur musique le travail ,les amours et les frustrations des fermiers pauvres du delta.
Au fil des présentations on remonte jusqu’au rock’n roll, à la Soul (Otis Redding, Sam & Dave et Isaac Hayes). La musique est mis en parallèle avec les contextes sociaux desquels elle est souvent issue.
La visite se fait à l’aide d’un guide audio (en anglais seulement) qui fournit des informations complémentaires à celle des panneaux écrits qui ornent les exhibits. Plusieurs stations «Juke Box» accessibles par l’audio guide ponctuent le trajet et nous permettent d’écouter les productions musicales les plus significatives de la période couverte par les salles visitées avant. Cela permet de découvrir les grands styles et les voir se transformer au travers les époques car le musée couvre de 1900 à 1980 environ.
Nous y passerons tout l’après-midi sans avoir vu le temps passer tellement nous avons été captivé par le très bon contenu de ce musée.
Nous ne pouvons que vous inviter à l’inscrire à votre agenda de visite si jamais vous passez par là.
C’est la tête remplie de blues, rock’n roll, boogie woogie, soul et rythm’n blues que nous nous dirigeons vers Beale street pour prendre l’apéro au B.B. King’s Blues Club en écoutant l’orchestre de Memphis Jones qui nous ravira en nous proposant les grands classiques de la musique de Memphis.
Après le souper nous reviendrons au B.B. King’s Blues Club pour écouter un orchestre qui distille surtout du soul. Bon orchestre mais la musique nous embarque moins alors nous nous dirigeons vers le Rum Boogie Café & Blues Hall situé à quelques enjambées. Petit frais d’entrée de 3$ et nous avons droit à deux salles. Une consacré au Boogie Woogie et l’autre au Blues. Après quelques minutes dans le Rum Boogie Café nous traversons au Blues Hall. L’harmoniciste qui y sévit nous captive rapidement par un excellent blues. Ce n’est que tard en soirée que nous réussirons à nous extirper de l’endroit non sans avoir généreusement contribué à la collecte de l’orchestre et acheté le disque de Brandon Santini l’harmoniciste et chanteur.
Le lendemain de cette très belle journée à Memphis nous y retournons pour une visite importante mais émotivement plus chargée. En effet nous allons visiter le National Civil Rights Museum. Cela ne vous dit rien? Ne vous en faites pas, nous non plus ,avant de plonger dans ce voyage.
Le musée résume la longue, très longue marche des noirs pour leurs droits. Il est situé en partie dans le Motel Lorraine là où Martin Luther King Jr fut assassiné le 4 avril 1968. L’autre partie du musée est situé dans le bâtiment d’où le tueur tira le coup fatal. L’exposition remonte à l’arrivée des premières cargaisons de noirs en 1619 et suit pas à pas le trajet des différentes luttes menées par les Noirs pour la reconnaissance de leurs droits.
Une section retrace, en deux volets, d’heure en heure les journées précédent l’assassinat. D’un côté les occupations de Martin Luther King Jr de l’autre l’occupation du temps du meurtrier.
Là où le musée me semble sombrer dans un exhibitionnisme douteux c’est dans la présentation de la reconstitution de la toilette et de la chambre d’où le tueur aurait pu tirer. Même chose concernant la section où l’arme du crime et les différents objets personnel du meurtrier sont présentés. Cela me semble attirer inutilement l’attention sur des détails insignifiants alors que la société états-uniennes devrait être interrogée sur sa propension à régler par les armes à feu ses divergences politiques. Sans faire de recherche il me revient à l’esprit les assassinats d’Abraham Lincoln, Huey Long gouverneur de la Louisiane, J.F. Kennedy, son frère Bob, Martin Luther King Jr, Harvey Milk militant des droits des homosexuels, Ronald Reagan et combien d’autres encore, militant pour une cause, ont été brutalement abattus. Ce n’est certes pas le seul pays qui connait des meurtres de nature politique mais, me semble-t-il, il en a le record.
Lorsqu’on arrive devant la section du Motel Lorraine on a l’étrange impression que le temps s’est arrêté. Toujours une couronne de fleurs devant la chambre 306 où logeait Martin Luther King, les deux autos des hôtes de monsieur King devant servir à conduire le groupe vers le lieu de son souper sont toujours à l’endroit où elles étaient le 4 avril 1968. Le motel a conservé le style qu’il avait à l’époque. C’est quand même un peu secoué, malgré mes réserves, que je ressort de ma visite du musée.
Le lendemain nous décidons de filer directement vers Nashville par la I40 plutôt que de revenir vers la Natchez Trace comme nous l’avions initialement planifié.
Parti tardivement de Memphis ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous atteindrons le Montgomery Bell State Park situé à environ 50 kilomètres de Nashville. Très grand et beau parc nous n’y passerons qu’une nuit malgré le petit ruisseau qui gazouille juste derrière l’Escampette.
Le lendemain, en matinée, nous nous dirigeons vers Nashville où nous répéterons un scénario semblable à celui de Memphis. L’après-midi est consacré à la visite du Country Music Hall of Fame and Museum. Le musée est d’une qualité similaire à celui de Memphis mais nous sommes en pays inconnu. N’étant pas des amateurs de Country et de western la quasi totalité des artistes et morceaux de musique nous sont complètement étranger. C’est donc un peu plus rapidement que nous parcourons le musée et que nous nous dirigeons vers Broadway Street au Tootsie’s Orchid Lounge où ça chauffe déjà passablement même s’il n’est pas encore 5 heures.
De la musique Country évidemment mais avec un atmosphère incroyable, c’est petit, c’est tassé, ça gueule, ça siffle, ça «hihan» allègrement. Le party quoi! Alors pourquoi, avec une bonne bière froide en main, ne pas laisser les bons temps rouler.
Même les plus belles histoires ont une fin alors que dire des petites histoires sans grand remous comme celle de notre escapade. Nous sommes rendus le lendemain matin de notre virée au Tootsie’s Orchid Lounge, c’est déjà le matin de notre départ. L’hiver qui nous avait suivi jusqu’en Caroline du Sud est revenu nous chercher à Nashville où il fait 2°C et il neige sur l’Escampette qui a le nez tourné vers le nord-est.
Le coin du Houblonneux
Ghost River brassé par la Brasserie du même nom à Memphis, Tennessee. Une Ale dorée faite à partir d’orge maltée et d‘houblon Allemand. Bel équilibre entre le houblon et le caramel du malt. Comme beaucoup des bières goûtées durant la présente escapade la Ghost River ne loge pas à l’enseigne de l’originalité. Mais c’est une bière bien faite avec du caractère qui est satisfaisante à boire.
CRÉDITS :
Mes remerciements au Guide du Routard et au Guide de la Louisiane d'Éléonore Brisbois aux Éditions La Manufacture sans qui cette escapade et mon récit n'aurait pas été aussi intéressant.
Merci à la Manouche pour la correction des textes et la majorité des photos qui accompagne le récit.
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