jeudi 14 mars 2013

Société Créole et Nouvelle-Orléans


LOUISIANE : SOCIÉTÉ CRÉOLE 

Avant de poursuivre la narration de notre voyage il me semble important, pour mieux comprendre la Louisiane, de vous dresser une toile de fond de cet État qui se distingue des autres états des États-Unis.

Comme je l’ai mentionné en introduction la Louisiane fut une possession française puis espagnole (une affaire de famille entre les couronnes française et espagnoles). Durant plus de deux cents ans la société qui s’est construite ici sera française et catholique.  Même les espagnols qui débarqueront parlerons français.

Alors pourquoi «société Créole»?  Parce qu’ici étaient considérés Créoles tous ceux nés ici en terre de Louisiane.  Les codes s’appliquant aux relations maîtres-esclaves étaient ceux édités par le roi de France et étaient passablement différents des règles ayant cours aux États-Unis.  Ici les esclaves avaient droit à tous les congés religieux prévus au calendrier et si le maître voulait qu’ils travaillent il devait les payer. Cela favorisa deux choses importantes dans l’histoire de la communauté noire.  Ils pouvaient socialiser en fréquentant les lieux publiques qui leur servaient de point de rassemblements, ils y tenaient leurs fêtes propres et y jouaient leurs musiques. Ou, s’ils décidaient de travailler ils pouvaient économiser pour acheter un jour leur liberté moyennant le paiement de leur valeur marchande.

Les noirs arrivant en Louisiane par leurs propres moyens (St-Domingue ou Barbade) étaient considérés comme des noirs libres.

Les esclaves, même si la grande majorité étaient d’origine africaine, n’étaient pas exclusivement noirs, il y avait aussi des blancs et des amérindiens.

Cela fit en sorte qu’assez rapidement il y eu une bonne minorité de noirs libres dont certains devinrent de prospères planteurs ayant eux aussi des esclaves pour les travaux des champs.

Les croisements inter-raciaux prirent rapidement place.  Que ce soit le maître blanc avec une jeune esclave ou l’amérindien avec le français ou l’espagnol ou le noir.  Les différentes cultures s’interpénètreront progressivement pour donner naissance à une culture proprement Créole.

Le riche planteurs qui décidait de prendre maîtresse était contraint, soit par contrat, soit par pression sociale (être poursuivit par votre ex-maîtresse pouvait détruire votre réputation et surtout anéantir votre capacité à faire des affaires), d’assurer un bon gîte, le couvert et des beaux vêtements à sa maîtresse ainsi que de pourvoir à l’éducation de ses enfants «illégitimes».  Cela favorisa l’ascension sociale de beaucoup de mulâtres qui contribuèrent au développement économique, social et culturel de la minorité noire libre.

Cela donna une société fondée sur des classes sociales plutôt que sur la «race» comme c’était le cas aux États-Unis.  Être noir ou avoir du sang noir n’était pas une tare indélibile comme c’était le cas dans la société White Anglo-Saxon Protestant (WASP) avoisinante.

Lorsque les premiers états-uniens débarquèrent après l’achat de 1803 ce fut donc un choc culturel entre les deux sociétés.  Les Créoles ne comprenant pas le puritanisme et le racisme des WASP et les WASP ne comprenant pas qu’il puisse y avoir des noirs libres, prospères planteurs de surcroit dans plusieurs cas, que les esclaves aient droit à des congés et à une vie sociale, certes atrophiée mais quand même bien réelle.  Et que tout ce beau monde aient en plus couché ensemble donnant lieu a un dégradé allant de blanc pâle à noir charbonneux en passant par toute les nuances de chocolat au lait et de café crème.  «Shoking»!  

Les états-uniens ne devinrent suffisamment nombreux pour acquérir un poids politique significatif que vers la fin du 19e siècle, début du vingtième.  C’est alors qu’apparue la catégorisation des gens sur une base raciale.  Pour obtenir la lettre «W» (white) sur ses papiers civils il fallait montrer patte blanche (ce qui en l’occurence n’est pas un mauvais jeux de mots) car il suffisait que vous ayez un très lointain ancêtre d’origine africaine  ou amérindienne pour que vous vous voyez refusé la lettre «W» et que l’on vous affuble de la lettre «C» (colored).  Avec l’arrivée de plus en plus nombreuse des états-uniens le français avait commencé à s’étioler car les Louisianais hésitaient de plus en plus à le parler.  Mais le coup de grâce viendra en 1916 avec l’interdiction de l’usage du français dans les écoles louisianaises.  Tout élèves surpris à parler français est puni.  Le discours officiel soutient que c’est la langue des pauvres et qu’elle ne permet pas de trouver du travail.  Cela vous semble-t-il familier comme chanson?  Moi j’y entend des échos du discours de beaucoup de parents québécois qui souhaiteraient que leurs tout petits aient l’immersion anglaise dès la pouponnière convaincus que c’est le remède miracle pour réussir sa vie.

Cette divergence d’attitude à l’égard de l’existence est encore palpable aujourd’hui.  Les WASP ne sachant pas «Laisser les bons temps rouler» comme le font naturellement les descendants de «créole».


 NOUVELLE-ORLÉANS 

Vous pouvez aussi choisir parmi les suivants : NO, NOLA, Nolinnss, Nawlin, NOLAN et finalement BIG EASY.

La Nouvelle-Orléans ce n’est pas que le Quartier Français et le Faubourg Marigny.   Si plus ou moins consciemment vous vous êtes construit une image de NOLA fondée sur la plus grande visibilité touristique des vieux quartiers de la Nouvelle-Orléans vous aurez un choc en arrivant.  NOLA est une ville énorme et l’un des plus gros port au monde.  Les rives du Mississipi n’ont rien de romantique à la Nouvelle-Orléans.  C’est industriel mur à mur.

Nous avons choisi, sur la recommandation d’un ami, de nous installer au Bayou Segnette State Park à Westwego  qui se trouve à environ 20 minutes d’auto du traversier menant à NOLA. 

Le camping est peu cher (24$ première nuit, 18$ les autres) et très correct.  Tout près du traversier (0$ si vous êtes à pied) il y a un stationnement (5$/jr sur sem. et 10$/jr w-e) en terre battue  où laisser votre auto.

C’est donc en bateau que nous nous rendons à NOLA pour notre première journée de visite.  Ballade à pied, il fait beau soleil mais c’est très frais, de façon très classique nous commençons par arpenter le Vieux Carré (autre nom du Quartier Français) à la recherche de quelques adresses où nous procurer des informations à jour pour nos projets d’activités.  Déjà en matinée il y a des orchestres de rue, ici et là, qui vous jazzent la fraîcheur du matin.  Nous allons dîner chez Johnny’s PoBoy, un petit bouiboui qui offre une belle variété de PoBoy (sandwich pas cher pour le pauvre).  Il nous faudra faire la queue dehors quelques minutes car le resto est petit et très fréquenté.  À l’intérieur l’atmosphère est animée et bruyante.  Sympathique et sans fla fla vous attrapez votre PoBoy que vous mangez debout ou à une petite table s’il y a un coin de libre. Personnellement je m’en commande un à la saucisse d’alligator accompagné d’un bol de gumbo pendant que la Manouche se régale de son PoBoy à rien de moins que l’escalope de veau. 

En après-midi, enivré de romantisme, nous optons pour une ballade de 2 heures sur le Mississipi à bord du Natchez, bateau à aube mue à la vapeur.  Nous avons rapidement dégrisés car nous ne verrons que des installations portuaires et d’énormes usines dont une des plus grosse raffineries de sucre au monde.  La ballade est donc d’un intérêt très limité et nous nous en sommes consolés durant le retour en restant dans le salon où jouait un petit trio de jazz fort sympathique.  Personnellement je considère que c’est à éviter sauf si vous tenez absolument à naviguer quelques heures sur le Mississipi.

Nous terminons notre première journée en allant humer l’air sur Bourbon St. rue centrale du NOLA  festif.  Même s’il n’est que 16 h. ça commence à chauffer.  Un orchestre de rue s’époumone dans ses cuivres pendant que des amuseurs publiques attirent le badaud avec leurs performances. 

Le lendemain nous démarrons la journée assez tôt car nous avons rendez-vous à 10h pour une visite guidée en français du Vieux Carré que nous avons réservé auprès de «Le Monde Créole».  Sur la voie rapide nous menant au stationnement du traversier un beau «TOC» sonore ce fit entendre à l’intérieur de la cabine de l’Escampette.  Schounte de m... (dans les faits ce n’est pas ce que j’ai vraiment lâché comme expression mais comme je serai bientôt grand-père je ne tiens pas à ce que mon petit-fils prenne argument de mes propos douteux pour justifier les siens si jamais il vient à lire le blogue de son grand-papa) me voilà avec une étoile au pare-brise.

 Notre guide est une vieille française pleine de bagou qui arpente le Quartier Français depuis 14 ans.  Elle nous explique les différences architecturales entre les maisons de l’époque française, espagnole et états-uniennes.  Les français construisaient en bois.  Considérant les gros incendies vécu par NOLA les Espagnols imposèrent que les toits soient en tuile de terre cuite et les gardes-fou de balcon en fer forgé.  Les états-uniens à leur arrivée poursuivirent la règle espagnole mais en utilisant de la fonte moulée.  Elle nous présente aussi les différences entre ce qui précède et les maisons Créoles qui sont généralement plus petites mais beaucoup plus colorées. 

Nous visitons aussi plusieurs cours intérieurs qui nous permettent d’approfondir les différences entre ces diverses influences.  Elle nous présente aussi les différentes caractéristiques de la société Créole d’avant 1803.

Nous terminons par la visite du cimetière St-Louis #1 où les plus vieilles familles de la Nouvelle-Orléans sont enterrées.  La tradition française d’enterrée sous terre fut rapidement abandonnée après qu’une inondation importante eu ramené à la surface les cercueils déjà enfouis.  Passablement secousé par l’expérience les gens décidèrent d’enterrer au-dessus du niveau du sol pour ne plus revoir les cercueils de leurs défunts flotter dans les rues lors d’inondation.

Cette visite nous permet de voir quelques tombes de pratiquants vaudou et surtout celle de Marie Laveau une des plus célèbres prêtresse vaudou de la Nouvelle-Orléans.  Sa tombe est d’ailleurs la deuxième plus visitée aux États-Unis après celle d’Elvis.  Elle nous explique le rituel vaudou pour faire exercer un voeu.  Je comprend alors pourquoi les tombeaux de pratiquant vaudou sont couverts de X sur les différentes façades. Le premier geste du rituel est de marquer le tombeau de 3 X.  Même si les X peuvent être fait avec les doigts seulement, selon la guide, les gens eux utilisent des crayons feutre. 

La visite terminée nous nous dirigeons vers le Court of two sisters  pour bénéficier de leur Jazz Buffet.  Buffet chaud/froid plantureux que nous dégustons au son d’un jazz relaxe.

Ce qui reste de l’après-midi est consacré à parcourir le Marché français et les boîtes de jazz de Frenchmen Street dans le Quartier Marigny question de prendre connaissance des spectacles offerts par les différentes boîtes pour l’organisation de notre soirée du vendredi.  Cette tournée de quelques bars et les orchestres croisés dans la rue m’amènent à penser que Nolinnsss est sûrement l’endroit sur terre où il y a le plus de musiciens au mètre carré.

Le lendemain question de nous reposer de la ville nous allons visiter le Barataria Preserve qui fait partie du Jean Lafitte National and Historical Park.  Nous avalons aisément les quelques kilomètres qui nous permettent de découvrir le Bayou coquille.

Le lendemain grasse matinée et farniente  autour de l’Escampette car la soirée sera longue.  Comme je vous l’ai déjà mentionné il y eu un choc entre la société WASP et la société Créole.  Les premiers états-uniens à venir s’établir à la Nouvelle-Orléans s’installèrent à bonne distance de l’actuel Quartier Français qu’ils considéraient comme un lieu de dépravation.  Ils s’installèrent donc à l’ouest de la rue du Canal qui devint ainsi l’équivalent local de notre rue St-Laurent à Montréal.  Les z’anglos à l’ouest et les francos à l’est.

La fracture s’est certes partiellement comblée depuis 1803 mais la rue du Canal reste un marqueur social encore vivant.

Si je vous fait ainsi un peu d’histoire de l’occupation du territoire c’est pour vous permette d’avoir une meilleure idée du quartier que nous nous apprêtons à visiter.

Garden District tel qu’on le nomme aujourd’hui est donc un quartier très différent du quartier français.  Nous arpenterons environ un quadrilatère de 5 rues par 5 rues dans la section la plus intéressante du quartier (selon le guide consulté).  Les maisons sont évidemment d’inspiration plus anglaise, elles ont presque toutes un petit jardin en devanture.  Elles sont toutes séparées les unes des autres aussi.  Beaucoup d’arbres dans les jardins et sur la rue.  Paisible l’ont n’y croise que peu de gens hormis des touristes.  Il y a aussi les différences invisibles que je vous résumerais en disant que le Quartier Français était un quartier où l’on vivait alors que Garden District est un quartier où l’on réside.  

La belle après-midi nous ayant glissée entre les doigts plus rapidement qu’anticipé et les tramways pour le retour étant peu fréquents nous laissons tomber notre projet d’assister au premier «set» que nous avions prévu au bar Spotted Cat.  Nous glissons donc directement au souper ce qui nous permettra d’être un peu plus tôt dans la file d’attente pour le «set» de 20 h. au Preservation Hall.

Le resto est sur Bourbon street et le rue est déjà très animée et bruyante.  La fiesta est bien engagée, la rue est devenue piétonne à cette heure et les policiers ont dressé leur mirador de surveillance.  La belle jeunesse du coin se pavane en jupe très courte et décolleté très long. Et moi ça va me foutre le torticoli.

Pendant que le souper est dégusté par les Manouches il faut que je vous avoue quelque chose.

Avant de commencer la préparation de ce voyage je ne connaissais même pas l’existence du Preservation Hall.  J’aime bien écouter du jazz mais mon intérêt s’arrête là.  J’ai donc appris au fil de mes lectures que le Preservation Hall est une boîte mythique du jazz à la Nouvelle-Orléans.  Un must, un incontournable!  Étant curieux de nature nous souhaitions assister à une prestation donnée dans ces murs.

C’est donc peu après 19h que les Manouches se mettent en rang dans une ligne qui a déjà une trentaine de pieds de long.

Mais avant de vous parler du show, laissez-moi vous parler de la place.  Petite boîte minuscule située sur une rue perpendiculaire légèrement au sud de Bourbon Street.  Préférable d’avoir fait du repérage de jour car il n’y a aucun néon, aucune enseigne lumineuse.  À peine une ampoule à la lumière blafarde avec une petite enseigne de bois sur laquelle, avec un effort, il est possible de lire une version passablement affadie de ce qu’a du déjà être l’enseigne en question dans sa jeunesse.  

Petite salle divisée en quatre parties ; un espace exigüe pour l’orchestre qui est adossé au mur donnant sur la rue, puis , à leurs pieds, et quand je dis «à leurs pieds» ce n’est pas une figure de style, environ trois rangées de coussins au sol, suivies de trois rangées de bancs de bois.  Dans le dernier quart les gens se cordent debout.  Tout bien cordé nous étions entre 100 à 120 personnes dans la salle.  L’éclairage de scène se limite à une flood à réflecteur large qui complète les quelques ampoules qui pendent du plafond.  Les murs et le plafond sont placardés, dans une «belle» approximation de panneaux blancs troués sur lesquels trône de vieille coulisses d’eau brunâtres séchées.  Quelques toiles au fusain représentant des musiciens de jazz complètent la décoration.  Ma mère, tout comme ma belle-mère d’ailleurs, vous en parleraient sûrement comme d’un trou à rats.  Je suis même convaincu qu’aucun pompier de Montréal, même le plus abruti, ne délivrerait de permis de spectacle dans une telle salle.

Mais quel atmosphère, quelle ambiance.  À peine assis et vous n’êtes déjà plus en 2013.  Et lorsque l’orchestre attaque la première pièce vous oubliez tout.  Il n’y a plus que la musique qui meuble la salle.  Vous êtes si près du saxo ou du trompettiste que vous voyez les notes s’envoler des cuivres et virevolter dans l’air avant de venir se déposer en sourire de soleil dans vos oreilles.  Ce fut une heure de pure enchantement et c’est les oreilles abasourdies de bonheur que nous sommes rentrés au camping.

Après une nuit bien entrelacée en double croche dans les portées de musique nous partons pour visiter les Plantations Laura et San Francisco.  Je vous en parlerez ultérieurement.  Pour l’instant je préfère vous garder dans l’atmosphère de la Nouvelle-Orléans.

Le lendemain de la visite des plantations c’est dimanche et nous nous levons tôt pour nous rendre à la messe à l’église Ste-Augustine.  C’est une église modeste dans le quartier pauvre de Trémé. Nous ne nous y rendons donc pas pour l’architecture mais bien pour assister à une messe gospel en direct.  Il fait beau soleil mais le temps est plutôt frais et un mauvais vent qui traverse mon polar me fait grommeler contre ce semblant d’été qui s’entête à se donner des airs d’hiver.

Nous arrivons un peu à l’avance question de s’assurer des meilleures places.  Celles du dernier banc près de la porte, question de pouvoir filer à l’anglaise si la gêne nous prend.  L’orchestre et le choeur sont en répétition à l’avant. Très peu de paroissiens sont déjà arrivés.

Je vous disais que l’église était de facture modeste et une fois à l’intérieur j’ai pu constater qu’elle n’était plus dans sa prime jeunesse et que des réparations sérieuses étaient nécessaire au plafond.  L’église date sûrement de l’époque où la Nouvelle-Orléans était encore française car dans le choeur le mur contient une inscription peinte sur le mur qui dit «SI TU SAVAIS LE DON DE DIEU».  Cette inscription détonera lorsque la liturgie débutera.  L’église est majoritairement remplit de noir, l’officiant est noir et la liturgie se déroule en anglais.  L’imagerie religieuse traditionnelle du Québécois doit procéder à quelques ajustements.

J’avais choisi une église de rite catholique romain pour pouvoir prendre la mesure des différences dans les rites entre ce que nous connaissons du rite tel que pratiqué au Québec versus celui d’obédience gospel.  Première chose qui me frappe c’est que le prêtre n’officie pas dans le choeur.  L’on n’y retrouve que la chorale et l’orchestre.  Le prêtre lui reste dans la nef parmi les fidèles pour toute la cérémonie.  Les seules parties de la cérémonie où je me suis retrouvé en pays de connaissance sont ; l’eucharistie, le sermon (un peu long comme toujours) et la quête (les cheap sont prié de s’abstenir car il y en a deux). Pour le restant rien à voir avec ce que je connais de la liturgie catholique du Québec.  Vous connaissez déjà le chant gospel qui est omniprésent dans ces cérémonies.  Mais ce que nous ne connaissions pas c’est deux autres trucs que nous n’avions pas anticipés et qui nous ont quelques peu déstabilisés.  Le premier c’est que tout le monde se prend par la main durant la cérémonie de l’eucharistie, le second je ne vous le dis pas pour vous laisser le plaisir de le découvrir si jamais l’envie vous prend d’assister à une messe gospel à l’église Ste-Augustine de la Nouvelle-Orléans.  La seule révélation que je vais vous faire à ce propos c’est que la Manouche avait les larmes aux yeux d’émotions.

Dernier aspect à connaître c’est qu’une liturgie gospel ça dure deux heures bien sonné.  Ceux et celles qui trouvaient la grand messe de mon enfance très longue auraient intérêt à se trouver une autre activité pour leur matinée du dimanche à NAWLIN.

C’est rempli de réflexions diverses sur ce que nous venions de découvrir que nous nous dirigeons vers le Café Degas situé  à quelques centaines de mètres de la maison où ce dernier résida lors de son séjour en Nouvelle-Orléans.  Café fréquenté principalement par les intellos et artistes de ce quartier près de City Park la cuisine est d’inspiration française et la carte convient très bien pour un lunch du midi.  La Manouche se régalera de son omelette aux champignons sauvages pendant que je me pourlèche les babines d’une soupe à l’oignon et d’une quiche «Degas».

Nous complèterons notre journée par la visite du Musée des beaux Arts de  la Nouvelle-Orléans et c’est plus que content de notre journée que nous reviendrons au traversier en tramway.

Le coin  du Houblonneux

Essayé quelques bières de la brasserie Abita Spring de Louisiane . La Amber une lager de style Munich avec malt caramélisé et houblon German Perle. Bière légèrement foncée avec une très légère amertume mais sans longueur véritable.  Agréable à boire mais sans plus.  La Mardi Gras Bock est une Ale très légère et facile à boire.  Une bière de soif qui convient à un Mardi gras où la bière coule à flot et où vous voulez garder le client jusqu’à ce qu’il roule par terre.  La Turbodog elle est une bière qui se démarque un peu.  C’est une noire plus goûteuse et plus consistante sans être pesante.  Vous pourrez donc en boire plus d’une sans être immédiatement saturé.  Bière plus intéressante que la Mardi Gras Bock mais qui n’atteint pas la finesse d’une Guinness.  

La prochaine fois je vous parlerai des plantations.

1 commentaire:

  1. Mon mari ne voulait pas que je le traîne à une messe Gospel et il ne voulait pas aller à Preservation Hall non plus, je vais tenter de le convaincre à nouveau! Merci pour la leçon d'histoire!

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